In Libro Veritas

POSITION

Par michele angelo murgia

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comme Erasme

En tant qu'émigré, je suis, comme Erasme, « citoyen du monde ».
 Aucun pays en particulier n’a l’heur d’enfermer mon esprit dans ses frontières, fussent-elles naturelles, acquises ou bien érigées en système.
 Si l’on en croit Andréï Linde[1],  notre monde serait issu d’une fluctuation du vide, « vide » qui n’est pas « néant » au sens mystique ou biblique du terme, mais bien l’état d’énergie minimal positif ou négatif.
 Les frontières de l’univers connu au temps d’Erasme ont été reculées par tous les pionniers de l’esprit libre-penseur.
 Dans notre Univers d’une extension proche du giga-parsec[2] existe un « Grand Mur », immense chaîne longue de près de 100 méga-parsecs, formée de milliers de super-amas de galaxies.
 Chaque super-amas représente des milliers d’autres amas formés de milliers d’amas.
 Chaque amas rassemble des milliers de galaxies dont notre Galaxie, la Voie Lactée, n'en est qu'un type parmi tant d'autres.
 Notre Voie Lactée fait partie de ce qu’on appelle l’Amas Local s’étendant sur à peine un méga-parsec. 
 Ainsi, notre Galaxie, d’un diamètre de quelque 30 kilo-parsecs (ou, si l’on veut, environ 100.000 années lumière[3]), voit, sur une des branches de sa spirale, à environ vingt mille années-lumière de son centre, une étoile avec son cortège de planètes, plutôt minuscule si on la compare aux quelque cent milliards d’étoiles soeurs.
 Notre système solaire, si petit au regard de notre Galaxie, contient une minuscule planète, la troisième à environ 150 millions de kilomètres du Soleil : la Terre, d’un diamètre de 12.740 km, et recouverte à 71% d’océans.
 Sur les 29% de terres qui émergent, rassemblées en cinq continents, vivent sur un dixième de sa surface, les 80% de l’espèce humaine.
 Dans cette partie minuscule, les hommes ont, dans leur magnifique et grandiose fatuité, érigé des systèmes et des « frontières », jaloux qu’ils sont des ridicules prérogatives qu’ils se sont eux-mêmes généreusement octroyées.
 Un de ces continents, l’Eurasie, se subdivise en une partie orientale, plus étendue et une petite partie, à l’Ouest, représentant quelque 10 millions de km², appelée Europe.
 Si l’on cherche parmi les différents peuples qui composent l’unique race humaine, on dénichera, compris entre 49 et 51 degrés de latitude Nord et 2 et 6 degrés de longitude Est, un petit pays peuplé de quelques dix millions d’êtres humains, né, à l’échelle de l’Univers, lors de la dernière seconde de la journée de son existence[4].
 Dans ce dérisoire et microscopique coin de terre on trouve des communautés diverses de personnes qui se disputent et discutaillent à propos de « frontières linguistiques » (comme si l’on pouvait museler les hommes en leur interdisant de parler la langue que leurs parents leur ont enseignée pour leur permettre d’essayer d’appréhender le monde dans lequel ils sont nés) : pour communiquer, n’est-ce pas, il faut bien utiliser un langage de signes, conventionnels s’entend.  Allant dans le sens contraire de l’histoire, il est des régimes qui osent interdire à des humains de parler leur langue : tel est le cas en Kabylie, ou Kosovo ; bien entendu, on traitera de « terroristes » ceux qui osent s’élever contre de telles décisions.
 Bien mieux, dans ce microcosme dérisoire vivent des « humains » de seconde zone aspirant simplement à vivre et qui se sont retrouvés là parce qu'appelés par d’autres "humains" privilégiés souhaitant s’enrichir sur leur compte ou bien qui ont abouti là parce qu’ils ont fui d’autres « humains » qui leur voulaient du mal au point de les anéantir, simplement parce qu’ils n’avaient pas la même vision du monde qu’eux ou uniquement parce qu’ils ne partageaient pas les mêmes idées qu’eux sur la manière de s’enrichir.
 Ce petit Etat insignifiant à l’échelle de la planète (que dire de l’Univers…), criant partout qu’il serait une démocratie exemplaire (c’est-à-dire le moins mauvais des systèmes - mais il y a toujours moyen de faire pire, n’est-ce pas ?), distribuant des bons et des mauvais points à d'autres manières de s'organiser, mais se permettant en même temps de museler électoralement les autres concitoyens simplement parce qu’ils ne sont pas du même hameau terrestre qu’eux ou que la carte d’identité qu’ils leur ont eux-mêmes donnée n’a pas la même couleur que la leur…
 Ces "frères humains" qui méprisent les gens de couleur n’hésitent pas - ô paradoxe -  à dépenser des sommes ridicules pour se tanner la peau durant les vacances ou pour se payer des coiffeurs qui  leur feront une tête "bouclée", "permanente". 
 En cette aube du troisième millénaire, je suis et reste, comme Erasme, à m’esbaudir et m’esclaffer homériquement de cette vaste parodie vaudevillesque du « pouvoir émanant du peuple ».
                                                                   Murgia Michele Angelo,
traducteur de son état, et employé dans un cabinet d’avocats, familier du droit, épris de justice et d’équité, voulant par là (en cette qualité de constructeur d’une anti-Babel),  aider à la communication entre les hommes et femmes de toutes couleurs, sexes, religions, philosophies, croyances ou inclinations, goûts, sentiments et valeurs qui se respectent mutuellement.
 
P.S.  Je vis dans ce microcosme depuis 38 ans, soit depuis plus longtemps que certains des politiciens qui ont participé à la décision d’interdire, le droit de vote aux « étrangers » (étrangers à quoi ?).
 
Déclaration faite à Charleroi-Couillet (région sinistrée économiquement du fait de conséquences pourtant prévisibles de décisions émanant d’une minorité infime, décisions "démocratiques" prises à l’encontre des intérêts les plus évidents de la grande majorité de ses habitants qui grâce à cette « démocratie » n’ont pas eu droit au chapitre, car sinon vous pensez bien que les décisions eusse nt été tout autres), ce 11 juillet 1998, pour valoir ce que de droit auprès des autorités de quelque ordre que ce soit, qui peuvent l’utiliser, en autant d’exemplaires que de besoin, libres de tous droit de copie ou copyright, d’extrait, de minute, de quelque nature que ce soit,  inchangée de préférence - si possible et autant que faire se peut - et à bon escient s’il échet.
 
    
     

[1] Physicien américain d’origine russe, professeur au département de physique de l’université de Stanford en Californie, créateur de la théorie de « l’inflation chaotique » cosmique dans un livre intitulé « Particle Physics and Inflationary Cosmology », paru en 1990.  Vous pouvez lui adresser un courrier électronique à l’adresse suivante : linde@linde.stanford.edu 

[2] A l’échelle de l’univers, l’unité de mesure le plus pratique est le « parsec », c’est-à-dire la distance à laquelle deux objets distants d’une « unité astronomique » (rayon moyen de l’orbite terrestre, soit environ 150.000.000 km) apparaissent séparés d’une seconde de degré.  Il vaut 3 ,26 années-lumière. Le giga-parsec (Gpc) vaut un milliard de parsecs.  Le méga-parsec (Mpc) vaut un million de parsecs.

[3] Unité de longueur correspondant à la distance parcourue par la lumière en l’espace d’une année, équivalent à 9,46 mille milliards de kilomètres.

[4] En réalité, si l’on compare la durée de vie de la Terre (sans parler de la durée de l’Univers) à la journée terrestre, la naissance de la Belgique se situe dans le dernier dix millième de seconde.