In Libro Veritas

Da Petri Code

Par Jean-Marie Cloarec

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Table des matières
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Chapitre 11

(Sacré suspens, non ?)

On pouvait lire sur le morceau de papier : « si vous déchiffrez l’énigme suivante, votre quête infatigable pourra continuer ».
Sur la feuille était dessiné un magnifique Réseau de Pétri constitué de 4 places.
Image postée par l'inscrit
 
La place A était marquée et un 1er arc la reliait à une transition d’où partaient 2 arcs : l’un retournant vers A, l’autre allant vers B. De B partait un arc vers une transition. De cette transition 3 arcs partaient dont 2 revenaient vers B et le dernier se dirigeait vers C. De C on se trouvait dans la même configuration que pour A, la dernière place étant K (besoin d’une aspirine ?).

Aline et Pierre n’étaient pas la Vénus de Milo, mais leurs bras leur en tombèrent quand même (en faisant beaucoup moins de bruit il faut bien l’avouer). Aline déclara effondrée : « Mais comment allons-nous pouvoir résoudre une telle énigme ?
- Ecoute, c’est moi le spécialiste en réseau de Pétri, ce n’est qu’un problème comme un autre.
- Oui, je sais bien. Mais ici nous sommes dépourvus de tout moyen de calcul pour simuler le réseau. Comment allons-nous faire ?
- Ca c’est mon boulot, bébé. Laisse moi faire, ce n’est pas la première fois que j’affronte une telle situation - rétorqua Pierre. »
Heureusement, Pierre était en possession d’un bottin téléphonique non imprimé (ce qui laisse beaucoup de pages blanches). Prenant l’une d’entre elles au hasard, il entreprit de griffonner quelques esquisses tout en pensant tout haut (n’oublions pas que Pierre est bilingue).

Aline dormait déjà, tranquillement emmitouflée dans la gabardine en peau de zèbre ignifugée de Pierre, laquelle dégageait un subtil parfum de chez Nounours (« Soir d’embouteillage ») auquel elle ne fut pas insensible. Déjà à la maternelle, elle avait remarqué Pierre dans la cour de l’école, surtout lorsqu’il imitait l’un des surveillants Lucky Gasparotti. Et cette odeur de rat musqué … mais nous nous égarons (et en plus nous perdons du temps dans des descriptions vaseuses qui n’apportent rien de concret à la situation).

Pierre griffonnait furieusement et noircissait ses pages de dessins directement inspirés de la période bleue de Pieplu.
Il s’exclama soudain en grec et en pleine euphorie (avions-nous déjà précisé que Pierre est bilingue ?) : « Eureka, j’ai trouvé !
- Ferais-tu une révision de l’encyclopédie des Shadocks par hasard ? - insinua malicieusement Aline regardant la feuille de papier couverte de signes et de dessins.
- Pourquoi ce n’est pas clair - lui répondit Pierre ?
- Ben non, ben non, j’vois pas - répondit la pauvre Aline.
- Bon, je vais peut être simplifier - répondit tout penaud le pauvre Pierre.
- Oui je crois que ça s’impose. » Et sans attendre le résultat, Aline replongea dans ses rêves de Tarzan et de Jane perdus dans la Creuse Septentrionale où on trouve des escargots gros comme des mammouths (nous n’osons imaginer les effets spéciaux qu’il faudra pour le film ! Ron Howard va avoir du mal).

Mais rien n’y fit. Pierre se sentait aussi désespéré qu’un congolais albinos perdu par un soir d’éclipse sans lune dans le tunnel sous la Manche.
Prenant alors une profonde inspiration suivie d’une bonne rasade de Fast Bastard, il entreprit d’utiliser alors d’autres algorithmes tels que :
• l’inversion simplifiée de Lobatchevski,
• le cercle ovale de Monge,
• les moyens sémiotiques d’objectivation,
• le polygone inversé négatif de Newton
• la notation fonctionnelle (ou lambda-calcul) d’Alonzo Church,
• la conjecture des bicarrés de Balasubramanian,
• l’investigation algébrique de Schützenberger,
• le théorème d’incomplétude de Gödel,
• les espaces vectoriels de Grothendieck,
• le grand écart du batracien,
• la triple transformée de Fourrier (sans filet),
• les entailles de l’os d’Ishango,
• le faillibilisme de Peirce,
• le théorème du Perroquet,
• …. Bref, la liste serait encore plus longue si, par bonheur, après de longues heures la lumière n’avait jaillit de son esprit tel le puissant faisceau lumineux du phare de l’île Vierge balayant les terres vierges de l’inconnaissance.
Et en moins de temps qu’il n’en faut pour aller payer ses impôts avec une brouette remplie de pièces de 1€, il jeta sur le papier (pas trop violemment car c’est fragile) la solution du problème avant de s’endormir et de couvrir de ses ronflements sonores les doux rêves de la tendre Aline.

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