In Libro Veritas

Da Petri Code

Par Jean-Marie Cloarec

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Table des matières
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Chapitre 14

Ce dimanche matin, Alfonzo Ramirez se leva tôt pour revêtir ses beaux habits, car il y avait une fête dans la favela et, pour rien au monde, il n’aurait voulu la rater. Tout le monde s’y retrouverait pour s’amuser, parler et oublier les problèmes du temps présent.
Son étui à violon était maintenant soigneusement rangé dans un tas de charbon dont les boulets avaient été peints en blanc pour simuler un tas de galet. Cet habile camouflage lui avait demandé temps et patience, mais le résultat était plus que réaliste. Au moins personne ne viendrait fureter par là, pas même ses enfants trop occupés d’ailleurs à d’autres jeux plus intéressants que celui de son père.
En fait, tout dans la vie d’Alfonzo Ramirez n’était que camouflage : son emploi à la poste, son étui à violon. Jusqu'à sa voiture qu’il avait remodelée à coups de marteau pour éviter qu’on la reconnaisse. Cette couverture était rendue nécessaire par ses « autres » activités.
Il lui avait fallu beaucoup de temps et de patience pour trouver un parrainage à ses activités extra-professionnelles. En fait, vivre de son travail s’était vite révélé impossible. Il avait bien essayé d’autres métiers, mais sans succès : éplucheur de pomme de terre, aiguiseur de seringue, écrivain de lettre anonyme, peigneur de chien, fabricant de prothèses pour vaches handicapées, etc.
Non, la dernière solution qu’il avait trouvée s’avérait la plus intéressante. Sans compter que dans ce pays, se promener avec un étui à violon ne relevait pas encore d’un délit quelconque.

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