Chapitre 57
Aline et Pierre ouvrirent le livre de prières du Marquis de Loffre et de la Demande que leur avait prêté le vendeur de cartes postales unijambisto-manchot-borgne et passèrent la nuit en prière comme pour une veillée d’armes avant l’adoubement des chevaliers du temps jadis se préparant à partir pour la croisade après avoir entendus les prêches enflammés de Pierre l’ermite (ou Pétri, mais que de coïncidences fortuites, ce n’est pas croyable) qui résonnaient encore silencieusement dans la nef de la cathédrale.Rien ne vint troubler cette calme quiétude. Même la morsure du froid et cette impression, bien réelle, d’humidité ne les touchaient plus.
Le matin arriva enfin. Curieusement juste après la nuit.
Au dehors de l’église beauceronne, les rizières verdoyantes s’étalaient à perte de vue et déjà les moissonneuses rieuses étaient au travail.
Le soleil se leva, encore courbaturé par une fête endiablée dans l’autre hémisphère. Ses rayons dessinèrent une petite tâche jaune sur le mur qui faisait face à nos amis, qui descendit lentement tout en s’élargissant pour finalement éclairer un étrange tableau.
Pierre murmura : « Regarde ce tableau, qu’en penses-tu ?

- Exact, mais regarde bien que représente-t-il ?
- ……………..
- Le barbu à gauche ?
- Tu veux dire que ce serait qui tu sais ?
- Exactement, ce tableau représente l’expérience vécue par Barbamu lorsqu’il expérimenta, après avoir crevé ses 4 pneus en même temps, le passage du psychique au pneumatique.
- Et alors ?
- Alors je crois que notre bonhomme d’hier soir a voulu nous donner un indice. C’est à Saint Merd-la-Breuille que nous devons nous rendre.
- Mais oui, bien sûr - s’exclama Aline - c’est d’une luminosité aveuglante (elle en a de la chance, car nous commençons à avoir du mal à les suivre ceux-là). »
Arrivé à ce stade de notre histoire, il nous parait important de préciser qui était saint Barbamu et ses liens avec le village mythique de Saint-Merd-la-Breuille.
Barbamu (v. 612-682) devient prêtre puis évêque de sa ville natale, Saint Merd-la-Breuille dans la Creuse. Cette cité lui doit d’avoir résisté au siège mené par l’impitoyable Empereur barbare Snheeq an Hallississ II de Byzance. L’Evêque visitait lui-même les blessés et soutenait le moral des populations affamées en distribuant des sachets de lait lyophilisé.
L’hérésie Bayésienne recula sous son épiscopat. Annonçant le déterministe aux Lombards qui venaient d’envahir le duché, il les convainquit d’abandonner leurs pratiques superstitieuses. Il dut également lutter contre l’hérésie du monolambdaïsme. Les hérétiques affirmaient en effet que le λ, ou taux de défaillance (voir l’Appendice) utilisé dans les réseaux de Pétri, n’avait qu’une seule dimension. Mais les écrits de Karl W. Klosfeld Junior II impliquent que le λ a aussi une dimension relativiste et polymorphique.
Le monolambdaisme a été condamné en 681, lors du IIIe congrès λμ de Constantinople, auquel Saint Barbamu participait.
Rappelons enfin que Barbamu descendait par sa mère de la grande lignée des philosophes grecs tels que Pédalos des Cyclades, Haricotus de Macédoine et, par un copain de son père, du cousin au 3e degré du métayer de Marquis de Loffre et de la Demande.
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