In Libro Veritas

J'ai lu le rapport Olivennes

Par monz

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Table des matières
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Notes de lecture

J'ai lu le rapport Olivennes
 
Y a pas de quoi se faire pipi dessus. Je ne sais pas combien il a coûté, mais en tout cas, il ne va pas rapporter grand chose.
Une quarantaine de pages, pullulant de redites, pour nous dire quoi ?
-les mesures purement techniques de protection pourront toujours être contournées (sans blague ? Ils étaient à la recherche d'un scoop ou quoi ?).
-il faut sanctionner davantage les mauvais consommateurs de musique. (Entendez ceux qui ne paient pas leur tribu à l'auteur, à l'interprète, à la maison de disque, au revendeur et à tout ceux que j'oublie.)
 
Pourquoi ? "Parce que la gratuité généralisée et illégale a un coût". Le rapport se garde bien de préciser pour qui. Il s'agit bien évidemment du quarteron élargi susnommé. Depuis que leur revenue baisse (ou risque de baisser, inutile de chercher des chiffres précis, même dans les annexes, il n'y en a point), ces messieurs voient l'internet d'un mauvais oeil. Avant le net, la copie illégale (la cassette audio d'un album faite pour un pote, le CD recopié pour Géraldine qui habite au troisième) était tolérée, voire encouragée, en tout cas taxée ! Eh oui, mes ami(e)s, nous payons une taxe sur tous les supports vierges (cassette, MD, CD, disque dur, lecteur MP3, etc.). L'argent ainsi collecté est censé revenir aux auteurs-etc. prétendument spoliés. Je m'étonne que les écrivains n'aient pas demandé une taxe sur le papier blanc pour le cas où vous recopieriez une ou deux de leurs lignes sans leur consentement. Inutile d'ajouter que le rapport Olivennes ne mentionne pas cette manne ni sa logique suppression si les pourfendeurs de l'offre illégale devaient triompher.
 
Que s'est-il passé depuis ces temps bénis de la cassette au chrome nauséabonde ? Le support numérique a fait sa mue et vous mettez plus d'informations (un morceau de musique, un film, n'est qu'une suite d'informations) dans un cm2 de mémoire flash (SD, Compact, Machin, Trucmuche) que dans un CD et vous l'effacez, le remplissez à volonté. A tel point que nous avons véritablement l'impression que la musique (pour parler de l'exemple le plus frappant) est devenue immatérielle. Exit le vynil, la cassette, le CD, le MD. Nous n'achetons plus un objet contenant de la musique, nous achetons (ou avons l'impression d'acheter) la musique elle-même. Dans ce contexte, l'industrie phonographique n'est-elle pas condamnée ? Comme le furent les industries de peigne en corne véritable à l'arrivée de la matière plastique ?

Le rapport Olivennes semble croire que non. Il est vrai que monsieur FNAC-Olivennes a des intérêts à défendre. Car si le support est condamné, que dire des rayons disques et vidéo de ces magasins ? Et au nom de quel Saint serait-ce ces enseignes qui devraient continuer à vendre la musique ? Nous le voyons bien aujourd'hui, n'importe qui peut mettre à la disposition de l'autrui-connecté une chanson. Avant, à moins d'avoir un réseau de revendeurs, difficile de diffuser un CD sur une grande échelle.

Tout est là. La musique n'a pas changé, les chanteurs enregistrent toujours en studio, les compositeurs sont à leur piano. La partie commercialisation

 

 

 en revanche... Et nous sommes au coeur du problème. Dans la lettre de mission remise à FNAC-Olivennes, il était écrit : "pour garantir les droits qui protègent la juste rémunération des auteurs et des investisseurs." Autant je peux comprendre que le travail d'un auteur&consort entraîne une "juste" rétribution, autant "garantir" des droits visiblement dépassés me semble le meilleur moyen de ne pas trouver de solution intelligente à notre problème.

Ne nous énervons pas, je ne demande pas de brûler le code de la propriété intellectuelle, seulement certaines parties. Lisez sereinement ce qui suit avant de sauter au plafond en versant des larmes de crocodiles pour nos pauvres SarDOUtistes.

Je conserve :

"L'auteur jouit du droit au respect de son nom, de sa qualité et de son oeuvre.
Ce droit est attaché à sa personne.
Il est perpétuel, inaliénable et imprescriptible."

Pour le reste, la transmission de ce droit aux héritiers, franchement, quel intérêt ? Vous êtes auteur, vous êtes mort, que vous importe ce que deviennent vos oeuvres ? Surtout si c'est ce gosse qui ne vous a jamais apporté que des emmerdes qui doit en hériter ? (Et l'argument FNAC-Olivennes, sans "juste" rémunération pas de création, s'applique : quelle contribution à la création apporte la famille d'un auteur mort depuis 70 ans ?)
Quant au livre consacré aux droits patrimoniaux, je l'enterre avec les derniers CD pressés dans un CSDU (Centre de stockage des déchets ultimes). Ah non ! Ne soyons pas trop avant-gardistes, conservons le titre !

Les droits patrimoniaux. Derrière ce vocable juridico-capitaliste, se cachent tous les moyens trouvés par les artistes&vautours-qui-les-entourent de rapporter un max de fric sans en faire trop lourd. A ce petit jeu, la combine la plus profitable et celle qui consiste à créer une oeuvre avec l'intention de la vendre et la revendre sous différents habillages. La compilation, exemple pertinent mais secondaire, n'est rien face à l'ingéniosité des producteurs de cinéma et de télévision qui vous refourguent leur camelote à toutes les sauces : nous payons notre place de cinéma (normal, il y a un bâtiment, un décor, un film inédit), nous payons encore pour le revoir à la télévision, pour l' avoir en DVD, en VOD, en pay-per-view, en location, à canal+... Et l'acteur, le réalisateur, le scénariste, déjà payés lors de la fabrication, et pour certains plus que confortablement, continuent de toucher des sous sans plus fournir le moindre travail. Cela s'appelle une rente et je ne suis pas certain qu'une rente soit un gage de création.

Nous sommes au XXIe siècle, nous devons imaginer une autre façon de rémunérer "justement" nos artistes. Sans qu'ils nous prennent pour des cons à lait.