Scène III
Les mêmes, FLORIA
Elle entre en grande toilette par la seconde porte à droite, entourée de galants et donnant sa main à baiser à Capréola, Trivulce, Attavanti et à tous les petits monsignori qui se disputent cet honneur.
Attavanti.—Ah ! Voici la charmante, l'exquise, la divine !
Capréola.—On ne sait jamais, diva, quel plaisir est le plus grand : de vous voir ou de vous entendre.
Floria, gaiement, descendant.—Ainsi, jugez, quand on a les deux à la fois... (Sans y prendre garde, donnant tantôt la main droite à baiser, tantôt la gauche, elle tend l'une machinalement à Trévilhac qui s'en empare et la baise si longuement, qu'elle s'étonne et se retourne et le regarde, surprise de ne pas le connaître.) Ah ! Pardon, un inconnu, il y a maldonne.
Trévilhac.—Alors, signora, coup nul... Recommençons !...
Il réitère.
Floria, riant.—Français, n'est-ce pas ? Cela se voit !
Trévilhac.—A l'accent ?...
Floria, de même.—Des baisers, oui.
Capréola.—M. le chevalier de Trévilhac, que j'ai l'honneur de vous présenter.
Floria, riant.—Il est bien temps ! (Tout en descendant, elle arrive à Scarpia qui, silencieusement, lui baise la main.) Ah ! bonjour, baron... Eh bien ! Et votre fugitif ?
Scarpia.—Son sort, vous intéresse ?
Floria.—Eh ! oui, le pauvre !
Scarpia.—Un criminel d'Etat ! Vous plaignez ce misérable ?.
Floria.—Oh ! ma foi, baron, un homme qui fuit, la potence n'est plus un misérable !... C'est un malheureux.
Elle entre en grande toilette par la seconde porte à droite, entourée de galants et donnant sa main à baiser à Capréola, Trivulce, Attavanti et à tous les petits monsignori qui se disputent cet honneur.
Attavanti.—Ah ! Voici la charmante, l'exquise, la divine !
Capréola.—On ne sait jamais, diva, quel plaisir est le plus grand : de vous voir ou de vous entendre.
Floria, gaiement, descendant.—Ainsi, jugez, quand on a les deux à la fois... (Sans y prendre garde, donnant tantôt la main droite à baiser, tantôt la gauche, elle tend l'une machinalement à Trévilhac qui s'en empare et la baise si longuement, qu'elle s'étonne et se retourne et le regarde, surprise de ne pas le connaître.) Ah ! Pardon, un inconnu, il y a maldonne.
Trévilhac.—Alors, signora, coup nul... Recommençons !...
Il réitère.
Floria, riant.—Français, n'est-ce pas ? Cela se voit !
Trévilhac.—A l'accent ?...
Floria, de même.—Des baisers, oui.
Capréola.—M. le chevalier de Trévilhac, que j'ai l'honneur de vous présenter.
Floria, riant.—Il est bien temps ! (Tout en descendant, elle arrive à Scarpia qui, silencieusement, lui baise la main.) Ah ! bonjour, baron... Eh bien ! Et votre fugitif ?
Scarpia.—Son sort, vous intéresse ?
Floria.—Eh ! oui, le pauvre !
Scarpia.—Un criminel d'Etat ! Vous plaignez ce misérable ?.
Floria.—Oh ! ma foi, baron, un homme qui fuit, la potence n'est plus un misérable !... C'est un malheureux.
Scarpia.—Et s'il frappait à votre porte, vous l'ouvririez ?
Floria.—Oh ! tout de suite.
Scarpia, toujours souriant.—Savez-vous que VOUS y joueriez cette jolie tête ?...
Floria.—Raison de plus !... (Elle se détourne.) Ah ! bonsoir, princesse.
Elle continue à parler bas, à rire, etc., avec d'autres empressées. Les domestiques reportent au fond les sièges qui sont à gauche de la grande table pour préparer l'entrée de la reine.
Scarpia, seul à l'avant-scène, la suivant des yeux.—Est-ce ignorance, ou bravade ?
Un huissier de la chambre, au fond à droite, a voix très haute.—Messieurs, la reine !
Floria.—Oh ! tout de suite.
Scarpia, toujours souriant.—Savez-vous que VOUS y joueriez cette jolie tête ?...
Floria.—Raison de plus !... (Elle se détourne.) Ah ! bonsoir, princesse.
Elle continue à parler bas, à rire, etc., avec d'autres empressées. Les domestiques reportent au fond les sièges qui sont à gauche de la grande table pour préparer l'entrée de la reine.
Scarpia, seul à l'avant-scène, la suivant des yeux.—Est-ce ignorance, ou bravade ?
Un huissier de la chambre, au fond à droite, a voix très haute.—Messieurs, la reine !
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