Scène VIII
FLORIA, SCARPIA, SCHIARRONE, Soldats.
au fond, Deux agents à la porte de gauche avec SCHIARRONE.
Floria, assise près de la table à droite.—De mes réponses, à moi ?...
Scarpia, venant à elle.—Mon Dieu, oui !...
Floria.—Et que puis-je répondre, sur des faits que j'ignore ?...
Scarpia, souriant et très poli.—Causons amicalement, voulez-vous ?... (Il avance un siège.) Et reprenons l'entretien où nous l'avons laissé au Palais Farnèse... Donc, cet éventail nous a trompés, et ces soupçons jaloux n'avaient aucune raison d'être ?...
Floria, sèchement.—Vous le saviez bien !...
Scarpia.—J'ai fait erreur sur la personne, voilà tout... Le chevalier n'était pas ici avec la marquise, mais avec son frère.
Floria.—Ni l'un, ni l'autre. Il était seul.
Scarpia, railleur.—Tout de bon ?
Floria.—Oui.
Scarpia, de même.—Vous affirmez ?...
Floria, nerveusement.—Mais oui, j'affirme !... Oui, j'affirme ! Oui !
Scarpia, froidement.—Oh ! du calme, signera, je me le tiens pour dit !... (Se retournant sur sa chaise et, pans se lever, tranquillement.) Schiarrone ?...
Schiarrone.—Excellence ?
Scarpia.—Que dit le chevalier ?
Schiarrone, sur le seuil de la porte de gauche qu'il tient entre-bâillée.—Rien, Excellence.
Scarpia.—Il persiste à nier la présence du sieur Angelotti ?
Schiarrone.—Absolument.
au fond, Deux agents à la porte de gauche avec SCHIARRONE.
Floria, assise près de la table à droite.—De mes réponses, à moi ?...
Scarpia, venant à elle.—Mon Dieu, oui !...
Floria.—Et que puis-je répondre, sur des faits que j'ignore ?...
Scarpia, souriant et très poli.—Causons amicalement, voulez-vous ?... (Il avance un siège.) Et reprenons l'entretien où nous l'avons laissé au Palais Farnèse... Donc, cet éventail nous a trompés, et ces soupçons jaloux n'avaient aucune raison d'être ?...
Floria, sèchement.—Vous le saviez bien !...
Scarpia.—J'ai fait erreur sur la personne, voilà tout... Le chevalier n'était pas ici avec la marquise, mais avec son frère.
Floria.—Ni l'un, ni l'autre. Il était seul.
Scarpia, railleur.—Tout de bon ?
Floria.—Oui.
Scarpia, de même.—Vous affirmez ?...
Floria, nerveusement.—Mais oui, j'affirme !... Oui, j'affirme ! Oui !
Scarpia, froidement.—Oh ! du calme, signera, je me le tiens pour dit !... (Se retournant sur sa chaise et, pans se lever, tranquillement.) Schiarrone ?...
Schiarrone.—Excellence ?
Scarpia.—Que dit le chevalier ?
Schiarrone, sur le seuil de la porte de gauche qu'il tient entre-bâillée.—Rien, Excellence.
Scarpia.—Il persiste à nier la présence du sieur Angelotti ?
Schiarrone.—Absolument.
Scarpia, haussant la voix pour être entendu de l'intérieur.—Alors, insistez, Roberti, insistez !...
Floria, vivement.—Votre insistance ne lui fera pas dire ce qui n'est pas !
Scarpia, de même.—Mon Dieu, il ne faut qu'un coup d'œil pour juger un homme : j'avais prévu l'obstination du chevalier. Mais j'espérais vous trouver plus raisonnable.
Floria.—Ne faut-il pas que je mente pour vous faire plaisir ?
Scarpia, souriant.—Non !... Mais, en disant la vérité, vous épargneriez au chevalier un mauvais quart d'heure.
Floria. saisie.—Comment ?... Que voulez-vous dire ?... (Debout.) Que se passe-t-il donc dans cette chambre ?...
Scarpia, de même.—Oh ! rien que de très simple : on y interroge votre ami dans les formalités requises.
Floria, inquiète.—Je veux voir ce qui se passe là !...
Scarpia, l'arrêtant par le bras.—Je puis vous le dire : le chevalier est étendu dans un fauteuil, les bras et les mains liés, coiffé d'une griffe d'acier à trois pointes : une pour la nuque, deux pour les tempes.
Floria, terrifiée.—Oh !...
Scarpia, debout.—Et, à chaque refus de parler, la vis tourne... et la griffe mord !
Floria, tordant son bras pour se dégager.—Ah ! maudits !... Arrêtez cela !... Arrêtez !...
Scarpia, la retenant.—Et VOUS parlerez ?
Floria.—Oh ! que l'on cesse donc !... Mais criez-leur donc de cesser, vous !... Criez-le donc !...
Floria, vivement.—Votre insistance ne lui fera pas dire ce qui n'est pas !
Scarpia, de même.—Mon Dieu, il ne faut qu'un coup d'œil pour juger un homme : j'avais prévu l'obstination du chevalier. Mais j'espérais vous trouver plus raisonnable.
Floria.—Ne faut-il pas que je mente pour vous faire plaisir ?
Scarpia, souriant.—Non !... Mais, en disant la vérité, vous épargneriez au chevalier un mauvais quart d'heure.
Floria. saisie.—Comment ?... Que voulez-vous dire ?... (Debout.) Que se passe-t-il donc dans cette chambre ?...
Scarpia, de même.—Oh ! rien que de très simple : on y interroge votre ami dans les formalités requises.
Floria, inquiète.—Je veux voir ce qui se passe là !...
Scarpia, l'arrêtant par le bras.—Je puis vous le dire : le chevalier est étendu dans un fauteuil, les bras et les mains liés, coiffé d'une griffe d'acier à trois pointes : une pour la nuque, deux pour les tempes.
Floria, terrifiée.—Oh !...
Scarpia, debout.—Et, à chaque refus de parler, la vis tourne... et la griffe mord !
Floria, tordant son bras pour se dégager.—Ah ! maudits !... Arrêtez cela !... Arrêtez !...
Scarpia, la retenant.—Et VOUS parlerez ?
Floria.—Oh ! que l'on cesse donc !... Mais criez-leur donc de cesser, vous !... Criez-le donc !...
Scarpia.—Arrêtez ! Roberti, et desserrez...
Floria.—Oh ! encore ! encore ! encore !
Scarpia.—Encore, Roberti... Entièrement.
Schiarrone, sur le seuil.—C'est fait, Excellence.
Scarpia.—C'est fait !...
Floria.—Oh ! lâches ! lâches !... Je veux le voir !... (Schiarrone lui barrant le chemin.) Ouvrez-moi !...
Scarpia.—Fermez !...
Schiarrone ferme.
Floria, à Schiarrone qui lui barre le chemin, ainsi qu'un autre agent.—Laissez-moi, vous !... Laissez-moi ! (Elle va se heurter à la porte fermée où elle frappe. Appelant.) Mario !... Réponds-moi !... M'entends-tu ?... Mario !... Mais, parle-moi donc, réponds-moi donc !... Un mot ! Un seul... que je ta sache vivant ! (Silence.) Démons !... Ils l'ont tué !...
Scarpia, assis à droite, tranquillement.—Non... Laissez-lui le temps de se remettre...
Floria.—Mario !... Mon Mario !...
Mario, avec effort.—Floria !...
Floria.—Ah !...
Mario.—Ne crains rien !... J'ai bon courage !
Floria.—On ne te fait plus aucun mal, dis ?... Je veux le savoir !... Dis-le-moi !...
Mario.—Non, pas en ce moment... Courage, ma chérie... courage !...
Floria.—Ah ! cette voix !... Comme il souffre !... (Elle s'éloigne de la porte.) Ah ! mon Dieu ! mon Dieu !... Est-ce possible ?...
Floria.—Oh ! encore ! encore ! encore !
Scarpia.—Encore, Roberti... Entièrement.
Schiarrone, sur le seuil.—C'est fait, Excellence.
Scarpia.—C'est fait !...
Floria.—Oh ! lâches ! lâches !... Je veux le voir !... (Schiarrone lui barrant le chemin.) Ouvrez-moi !...
Scarpia.—Fermez !...
Schiarrone ferme.
Floria, à Schiarrone qui lui barre le chemin, ainsi qu'un autre agent.—Laissez-moi, vous !... Laissez-moi ! (Elle va se heurter à la porte fermée où elle frappe. Appelant.) Mario !... Réponds-moi !... M'entends-tu ?... Mario !... Mais, parle-moi donc, réponds-moi donc !... Un mot ! Un seul... que je ta sache vivant ! (Silence.) Démons !... Ils l'ont tué !...
Scarpia, assis à droite, tranquillement.—Non... Laissez-lui le temps de se remettre...
Floria.—Mario !... Mon Mario !...
Mario, avec effort.—Floria !...
Floria.—Ah !...
Mario.—Ne crains rien !... J'ai bon courage !
Floria.—On ne te fait plus aucun mal, dis ?... Je veux le savoir !... Dis-le-moi !...
Mario.—Non, pas en ce moment... Courage, ma chérie... courage !...
Floria.—Ah ! cette voix !... Comme il souffre !... (Elle s'éloigne de la porte.) Ah ! mon Dieu ! mon Dieu !... Est-ce possible ?...
Le torturer ainsi, cet être doux et bon comme un enfant !... Ils sont là dix contre ce malheureux sans défense à chercher ce qui lui fera le plus de mal... Et ils ont trouvé cela !... cette atrocité... ces griffes d'acier dans les tempes... Quelle horreur !... Et celui-là sourit, tenez... et se pourléche de sang humain !... Il est content de Lui, ce tigre !...
Scarpia, souriant.—Point, ma chère !... C'est de vous que je suis ravi !... Par ma foi, vous êtes aussi tragique dans l'intimité que sur la scène... Mes compliments !... Mais revenons aux choses sérieuses... Vous l'avez entendu ?... «J'ai bon courage.» C'est-à-dire : on ne m'arrachera pas un mot.
Floria.—Ah ! vous lui arracherez plutôt l'âme !
Scarpia.—J'en suis sûr !
Floria.—Eh bien, alors, délivrez-le !... Rendez-le-moi !... Puisqu'il ne dira rien, c'est fini, n'est-ce pas ?...
Scarpia.—Fini ?... Nous commençons à peine.
Floria, suffoquée.—A... ?
Scarpia.—A le questionner.
Floria.—Le torturer encore ?... Et pour ne rien savoir ?
Scarpia.—Erreur !... Je saurai tout : c'est lui que l'on interrogera, c'est vous qui répondrez !
Floria.—Moi ?
Scarpia.—Vous !... Et prenez garde que tout refus de parler est un tour de vis que vous donnez à son étau...
Floria.—Oh ! bourreau !
Scarpia.—Ce n'est plus moi, le bourreau, c'est vous, si vous refusez de me répondre... (Très haut.) Allons, Roberti, tenez-vous prêt !... Nous recommençons !...
Scarpia, souriant.—Point, ma chère !... C'est de vous que je suis ravi !... Par ma foi, vous êtes aussi tragique dans l'intimité que sur la scène... Mes compliments !... Mais revenons aux choses sérieuses... Vous l'avez entendu ?... «J'ai bon courage.» C'est-à-dire : on ne m'arrachera pas un mot.
Floria.—Ah ! vous lui arracherez plutôt l'âme !
Scarpia.—J'en suis sûr !
Floria.—Eh bien, alors, délivrez-le !... Rendez-le-moi !... Puisqu'il ne dira rien, c'est fini, n'est-ce pas ?...
Scarpia.—Fini ?... Nous commençons à peine.
Floria, suffoquée.—A... ?
Scarpia.—A le questionner.
Floria.—Le torturer encore ?... Et pour ne rien savoir ?
Scarpia.—Erreur !... Je saurai tout : c'est lui que l'on interrogera, c'est vous qui répondrez !
Floria.—Moi ?
Scarpia.—Vous !... Et prenez garde que tout refus de parler est un tour de vis que vous donnez à son étau...
Floria.—Oh ! bourreau !
Scarpia.—Ce n'est plus moi, le bourreau, c'est vous, si vous refusez de me répondre... (Très haut.) Allons, Roberti, tenez-vous prêt !... Nous recommençons !...
Schiarrone entre-bâille la porte et se tient prêt a transmettre les ordres.
Floria.—Assassin !... (Mouvement de Scarpia. Elle se reprend.) Non !... Pardon, grâce, pitié, Excellence, pas cela !... C'est horrible... pas cela !
Scarpia.—Alors, où est Angelotti ?...
Floria.—Mais je ne sais pas !... Je n'en sais rien !... Comment le saurais-je ?... (Scarpia lève la main. Mouvement de Schiarrone. Elle bondit et rabat la main.) Non !... Attendez !... Ah ! mon Dieu !... Attendez donc !... Perdre l'un pour sauver l'autre, c'est effroyable aussi !... Donnez-moi le temps... On ne lui fait rien, n'est-ce pas ?... Vous en êtes sûr ?
Scarpia.—Non !... J'attends... mais dépêchons !... Répondez.
Floria.—Mais quoi ?... Que faut-il que je réponde ?... Je ne sais pas moi !... Dites-moi ce qu'il faut dire... Ah ! seigneur, pourvu, qu'on lie lui fasse rien, je dirai bien tout ce qu'on voudra !...
Scarpia.—Soit !... Il y avait un homme ici à votre armée ?
Floria.—Non !... (Mouvement de Scarpia) Si ! Si !... Attendez !... Laissez-moi chercher, au moins !... Un homme ?... Je ne sais plus... (Même jeu) Oui, oui ! je crois ! Je crois !... (A Schiarrone) Mais, puisque je réponds pour lui, ferme donc ta porte, toi, damné !
Scarpia.—Et cet homme est Angelotti ?
Floria.—Oh ! pour cela, non ! par exemple !...
Scarpia, railleur.—C'est-à-dire : si.
Floria.—Non ! Je vous dis : non !
Scarpia, de même.—Si énergiquement que c'est oui !
Floria.—Assassin !... (Mouvement de Scarpia. Elle se reprend.) Non !... Pardon, grâce, pitié, Excellence, pas cela !... C'est horrible... pas cela !
Scarpia.—Alors, où est Angelotti ?...
Floria.—Mais je ne sais pas !... Je n'en sais rien !... Comment le saurais-je ?... (Scarpia lève la main. Mouvement de Schiarrone. Elle bondit et rabat la main.) Non !... Attendez !... Ah ! mon Dieu !... Attendez donc !... Perdre l'un pour sauver l'autre, c'est effroyable aussi !... Donnez-moi le temps... On ne lui fait rien, n'est-ce pas ?... Vous en êtes sûr ?
Scarpia.—Non !... J'attends... mais dépêchons !... Répondez.
Floria.—Mais quoi ?... Que faut-il que je réponde ?... Je ne sais pas moi !... Dites-moi ce qu'il faut dire... Ah ! seigneur, pourvu, qu'on lie lui fasse rien, je dirai bien tout ce qu'on voudra !...
Scarpia.—Soit !... Il y avait un homme ici à votre armée ?
Floria.—Non !... (Mouvement de Scarpia) Si ! Si !... Attendez !... Laissez-moi chercher, au moins !... Un homme ?... Je ne sais plus... (Même jeu) Oui, oui ! je crois ! Je crois !... (A Schiarrone) Mais, puisque je réponds pour lui, ferme donc ta porte, toi, damné !
Scarpia.—Et cet homme est Angelotti ?
Floria.—Oh ! pour cela, non ! par exemple !...
Scarpia, railleur.—C'est-à-dire : si.
Floria.—Non ! Je vous dis : non !
Scarpia, de même.—Si énergiquement que c'est oui !
Floria.—Ah ! quand tu régleras tes comptes avec Dieu, toi, sois tranquille, va, je serai là... Et puis, d'ailleurs, est-ce que je sais, moi... Est-ce que je le connais, votre Angelotti ?...
Scarpia.—Enfin, cet homme, quel qu'il soit, où est-il ?
Floria.—Ah ! vous pouvez bien courir après lui... Il est loin !
Scarpia.—Non !... Tout est cerné...
Floria.—Alors, si vous démentez tout ce que je dis... (Epouvantée) Un cri !... On recommence !...
Scarpia.—Non !
Floria.—Si ! Si !... J'ai entendu !...
Elle écoute
Scarpia.—Rien, vous dis-je !... Eh bien, Schiarrone ?...
Schiarrone.—Evanoui.
Scarpia.—Vous voyez bien ?... Continuons... Cet homme est donc caché, quelque part, ici-même, peut-être ?...
Floria, préoccupée de la porte.—Plût au ciel qu'il fût là !... Il ne vous laisserait pas broyer vif son sauveur !
Scarpia.—Il est donc son sauveur ?
Floria, saisie—Non !
Scarpia.—Vous venez de le dire !
Floria.—Ah ! ce que je dis !... Vous me forcez à parler, il faut bien que je dise n'importe quoi... ce qui me passe par la tête !...
Même jeu d'attention vers la chambre.
Scarpia.—Bref, il est caché !... (Mouvement de Floria pour protester. Menaçant.) Où, caché ?... Allons, finissons !...
Scarpia.—Enfin, cet homme, quel qu'il soit, où est-il ?
Floria.—Ah ! vous pouvez bien courir après lui... Il est loin !
Scarpia.—Non !... Tout est cerné...
Floria.—Alors, si vous démentez tout ce que je dis... (Epouvantée) Un cri !... On recommence !...
Scarpia.—Non !
Floria.—Si ! Si !... J'ai entendu !...
Elle écoute
Scarpia.—Rien, vous dis-je !... Eh bien, Schiarrone ?...
Schiarrone.—Evanoui.
Scarpia.—Vous voyez bien ?... Continuons... Cet homme est donc caché, quelque part, ici-même, peut-être ?...
Floria, préoccupée de la porte.—Plût au ciel qu'il fût là !... Il ne vous laisserait pas broyer vif son sauveur !
Scarpia.—Il est donc son sauveur ?
Floria, saisie—Non !
Scarpia.—Vous venez de le dire !
Floria.—Ah ! ce que je dis !... Vous me forcez à parler, il faut bien que je dise n'importe quoi... ce qui me passe par la tête !...
Même jeu d'attention vers la chambre.
Scarpia.—Bref, il est caché !... (Mouvement de Floria pour protester. Menaçant.) Où, caché ?... Allons, finissons !...
Floria.—Je ne sais pas !...
Scarpia, vers la porte.—Allez, Roberti !...
Floria, épouvantée.—Non !... Je sais !... Il est.
Scarpia.—Il est... ?
Floria, qui, dans son premier mouvement, suivi de tous, a presque désigné le jardin, s'arrête court, désolée.—Mais c'est trop affreux !... Je ne peux pourtant pas livrer ce malheureux pour qu'on le tue !...
Scarpia.—Il est... ?
Floria, fondant en larmes.—Mais je ne peux pas le dire !... Je ne peux pas !... Vous voyez bien que je ne peux pas...
Elle tombe assise. Silence.
Scarpia, à son oreille, doucement.—Allons, courage... et votre amant est libre !
Floria, sanglotant.—Ah ! Dieu !... Il ne me pardonnera jamais cela... jamais !
Scarpia.—Tout bas... et il n'en saura rien ?... Allons ?...
Floria, sans voix.—Je veux lui parler d'abord...
Scarpia.—A quoi bon ?
Floria.—Tout ce qu'on voudra après, mais, que je le voie, que je lui parle !... Je vous en prie !
Scarpia.—Suspendez un instant, Roberti. (A Schiarrone.) Ouvrez la porte !... Le chevalier, encore évanoui ?
Schiarrone.—Non !
On ouvre la porte toute grande. Schiarrone et les agents devant pour la garder. Scarpia au milieu de la scène. Floria à sa droite. Silence d'une seconde. Floria essuie son front et veut s'avancer.
Scarpia, l'arrêtant.—Oh ! Pardon !... De cette place seulement.
Scarpia, vers la porte.—Allez, Roberti !...
Floria, épouvantée.—Non !... Je sais !... Il est.
Scarpia.—Il est... ?
Floria, qui, dans son premier mouvement, suivi de tous, a presque désigné le jardin, s'arrête court, désolée.—Mais c'est trop affreux !... Je ne peux pourtant pas livrer ce malheureux pour qu'on le tue !...
Scarpia.—Il est... ?
Floria, fondant en larmes.—Mais je ne peux pas le dire !... Je ne peux pas !... Vous voyez bien que je ne peux pas...
Elle tombe assise. Silence.
Scarpia, à son oreille, doucement.—Allons, courage... et votre amant est libre !
Floria, sanglotant.—Ah ! Dieu !... Il ne me pardonnera jamais cela... jamais !
Scarpia.—Tout bas... et il n'en saura rien ?... Allons ?...
Floria, sans voix.—Je veux lui parler d'abord...
Scarpia.—A quoi bon ?
Floria.—Tout ce qu'on voudra après, mais, que je le voie, que je lui parle !... Je vous en prie !
Scarpia.—Suspendez un instant, Roberti. (A Schiarrone.) Ouvrez la porte !... Le chevalier, encore évanoui ?
Schiarrone.—Non !
On ouvre la porte toute grande. Schiarrone et les agents devant pour la garder. Scarpia au milieu de la scène. Floria à sa droite. Silence d'une seconde. Floria essuie son front et veut s'avancer.
Scarpia, l'arrêtant.—Oh ! Pardon !... De cette place seulement.
Floria.—Mario, mon Mario ! Tu m'entends, n'est-ce pas ?...
Mario, péniblement.—Oui !
Floria.—Tu vois, mon Mario adoré !... Tu es a bout de forces... Moi aussi, je t'assure !... N'est-ce pas, que tu veux bien ?... Dis que tu veux bien que je parle ?...
Mario.—Et, que dirais-tu, malheureuse ?... Tu ne sais rien !...
Floria, suppliant.—Mon Mario !...
Mario, avec force.—Tu ne sais rien !
Floria, vivement, les mains tendues vers lui.—Je ne peux pourtant pas te laisser déchirer ainsi !... Ma chair crie avec la tienne !... Mon amour, je t'en prie, à genoux !... Mon Mario bien-aimé, dis... dis que tu veux bien !...
Mario, énergiquement.—Non ! Non !... Tu n'as rien à dire !... Et je te défends, entends-tu !... Je te défends !...
Floria, désespérée.—Mais, ils te tueront !...
Mario.—Je te défends !...
Scarpia, terrible.—Allez ! Et n'arrêtez plus !
Floria, bondissant à ses pieds.—Non ! Je parlerai !
Mario.—Tais-toi... ou je te maudis !...
Floria.—Ah ! Dieu !...
Scarpia.—Allez toujours !...
Floria, se cramponnant à lui, à genoux.—Non !... Arrêtez !...
Scarpia, à Floria.—Où est cet homme ?...
Mario, poussant un cri de douleur.—Ah !...
Floria, répétant le cri.—Ah !... Tant pis pour l'autre !... Je dis tout !...
Mario, péniblement.—Oui !
Floria.—Tu vois, mon Mario adoré !... Tu es a bout de forces... Moi aussi, je t'assure !... N'est-ce pas, que tu veux bien ?... Dis que tu veux bien que je parle ?...
Mario.—Et, que dirais-tu, malheureuse ?... Tu ne sais rien !...
Floria, suppliant.—Mon Mario !...
Mario, avec force.—Tu ne sais rien !
Floria, vivement, les mains tendues vers lui.—Je ne peux pourtant pas te laisser déchirer ainsi !... Ma chair crie avec la tienne !... Mon amour, je t'en prie, à genoux !... Mon Mario bien-aimé, dis... dis que tu veux bien !...
Mario, énergiquement.—Non ! Non !... Tu n'as rien à dire !... Et je te défends, entends-tu !... Je te défends !...
Floria, désespérée.—Mais, ils te tueront !...
Mario.—Je te défends !...
Scarpia, terrible.—Allez ! Et n'arrêtez plus !
Floria, bondissant à ses pieds.—Non ! Je parlerai !
Mario.—Tais-toi... ou je te maudis !...
Floria.—Ah ! Dieu !...
Scarpia.—Allez toujours !...
Floria, se cramponnant à lui, à genoux.—Non !... Arrêtez !...
Scarpia, à Floria.—Où est cet homme ?...
Mario, poussant un cri de douleur.—Ah !...
Floria, répétant le cri.—Ah !... Tant pis pour l'autre !... Je dis tout !...
Scarpia, à Schiarrone.—Suspens !
Floria, désignant le jardin.—Là !...
Scarpia.—Le jardin ?
Floria.—Le puits !...
Scarpia.—Le puits !...
Les agents s'élancent dans le jardin, par la droite. Les soldats, au fond, font le même mouvement dans les arbres.
Floria, debout.—Mon Mario, à présent !... Bandits, rendez-le-moi !
Elle court vers la chambre dont on lui barre le passage.
Scarpia.—C'est fait ! déliez l'autre.
Il se tourne vers le jardin, regardant.
Floria, désignant le jardin.—Là !...
Scarpia.—Le jardin ?
Floria.—Le puits !...
Scarpia.—Le puits !...
Les agents s'élancent dans le jardin, par la droite. Les soldats, au fond, font le même mouvement dans les arbres.
Floria, debout.—Mon Mario, à présent !... Bandits, rendez-le-moi !
Elle court vers la chambre dont on lui barre le passage.
Scarpia.—C'est fait ! déliez l'autre.
Il se tourne vers le jardin, regardant.
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