In Libro Veritas

La Tosca

Par Victorien Sardou

Oeuvre du domaine public.

Vous êtes en mode de lecture plein écran. Cliquez sur le lien suivant si vous souhaitez afficher la version classique de cette oeuvre

Table des matières
Que pensez vous de cette oeuvre ?

Scène première

SCARPIA, SCHIARRONE, Un maître d'hôtel, un laquais, COLOMETTI
Scarpia.—Ouvrez la fenêtre, Colometti. L'air de cette chambre est étouffant. (Colometti ouvre la fenêtre à droite toute grande.) Quelle heure est-il ?... Schiarrone.
Schiarrone.—Excellence, on a chanté les matines.
Scarpia.—La ville me paraît fort calme.
Schiarrone.—Très calme, Excellence... M. le gouverneur a fait doubler les postes ; et toute la garnison est sous les armes.
Scarpia.—Précautions inutiles. Cette victoire des Français a moins échauffé les têtes romaines que je ne l'aurais cru.
Schiarrone.—Plus d'étonnement que de joie, Excellence. Voilà, je crois le sentiment général.
Scarpia.—Le prisonnier est en chapelle ?
Schiarrone.—Oui, Excellence, avec les moines blancs de la mort. Mais, à leurs saintes exhortations, pour qu'il se recommande à la miséricorde divine, il se borne à répondre qu'il n'a aucun pardon à demander à Dieu, n'ayant fait que son devoir d'honnête homme qui est de venir en aide à toute victime de la tyrannie.
Scarpia, découpant et se servant.—Voilà bien de mon jacobin !
Schiarrone.—...Et que si quelqu'un est coupable en cette affaire, ce n'est pas lui envers le ciel, mais le ciel envers lui.
Scarpia.—Affreux blasphème !... Et alors ?
Schiarrone.—Alors les blancs se sont lassés de tant d'impiété, et l'ont laissé en repos... Il en a profité pour s'endormir.
Scarpia.—Belle préparation à la mort, et digne d'un chrétien !

Chapitre suivant : Scène II