In Libro Veritas

Robin City

Par Tsaag Valren

Cette oeuvre est mise à disposition sous licence Art Libre.

Vous êtes en mode de lecture plein écran. Cliquez sur le lien suivant si vous souhaitez afficher la version classique de cette oeuvre

Table des matières
Que pensez vous de cette oeuvre ?

Meuilly sur Scène

Nous visitons un riche appartement superbement décoré : fauteuils de velours, tableaux de maitres, service en cristal... Deux femmes, une jeune africaine et une vieille asiatique, achèvent de mettre la table et servir des plats de homard fumant.
 

Shy-Lin : Arrêtes de te cacher, ma belle Tarianne ! Quand on est aussi vieille que moi, on sait reconnaître une jeune fille amoureuse !  Il est mignon ?
 
Tarianne : J'ai croisé son regard par la fenêtre, alors que je cherchais à voir au delà de ces 400 mètres carrés où le Prince Jean de Proficorp me confine depuis des années. J'ai tant attendu, espéré du secours...  Depuis, de nuits en nuits, il débarque, bondissant de toits en balcons. Il est magnifique, c'est un guerrier des temps modernes...

Shy-Lin : Comment s'appelle t'il ?

Tarianne : Robin.

Une porte claque, et deux hommes entrent : Un vieux gros riche industriel costar-cravate coincé, et un petit policier nerveux et ridé. Ils s'installent à table, où un buffet garni les attend.

 

Jean de Proficorp (entre deux bouchées) : Ils ont tiré 12 k euros à ma maitresse, ma MAITRESSE, tu comprend ! (Postillonnant)  Rien à foutre que ce soit un petit montant, pour le principe, tu me les épingles et tu me les écrases, c'est clair ?

Le shérif de Meuilly : L'équipe de traque internaute est en formation... pour l'instant, on leur apprend ce qu'est un navigateur... ils progressent, la dernière fois, ils m'ont cité Internet Explorer et non plus Olivier de Kersauson.

Jean de Proficorp : Je veux la tête de ce Robin et de ses potes avant la fin du mois ! Ils se sont permit de me menacer par mail. S'ils savent que je retiens Tarianne, que je dirige le Takounanda à la place de Cœur-de-Lion, et si ça s'ébruite sur le web, je te promets quelques 0 en moins sur ta paie ! ! ! J’ai des actionnaires à bichonner, moi ! Fais ce pour quoi je te paie, shérif Sicolas !

Le shérif de Meuilly : Qui les croirait ? Toutes sortes de rumeurs circulent sur le Web ! On dit que les américains ont inventé un système de contrôle du climat, que les ondes de téléphone portable donnent le cancer, qu'il ne reste plus que 2000 tigres dans le monde, que nous allons tous mourir en 2012... Ils ont mieux que Tarianne, Cœur-de-Lion et le Takounanda à se mettre sous la dent, je vous l'assure !

 
Tarianne : Sous la... dent ? Vous me répugnez, ignoble roquet servile ! 1m67, l'ambition pour talonnettes !

Jean de Proficorp : Tut tut, tu ferais bien de te taire... J'ai promis à ton père, Coeur-de-Lion, de te garder en vie, non de te garder en l'état... c'est vite perdu, une virginité, tu sais...

Tarianne crie, recule et se réfugie entre les bras de Shy-Lin qui astiquait des bibelots au chiffon.
 

Shy-Lin (chuchotant à l'oreille de Tarianne) : Un jour, votre père viendra en croisade contre la dictature Proficorp, avec une armée ! Il renversera le Prince Directeur Général Jean et nous sortira de cet enfer ! Je l'ai vu, ma douce...

Tarianne (à Shy-Lin) : Mon père ne fera rien tant qu'il me saura ici. Peut-être lui serai-je plus utile morte que vivante...
 
Shy-Lin (à Tarianne) : Ne dis pas cela, tu dois survivre, avec ton témoignage, pour révéler au monde ce qui se déroule entre ces murs.

 
Jean de Proficorp (avec une queue de homard dans la main) : Des messes basses sans le curé ? Qu'importe... J'ai une réunion aux usines Takounandaises dans quelques heures, le jet privé m'attend. On va augmenter la productivité... A mon retour, t'auras intérêt à tenir Robin et ses potes, Shérif Sicolas !

Le shérif de Meuilly : C'est une question de jours, d'heures, de minutes ! Car j'ai changé de méthode ! Croyez-moi !

Jean jette son reste de nourriture à terre avant de sortir. Le shérif le rejoint peu après.
 

Nous retrouvons Tarianne et Shy-Lin dans l'appartement, en train de manger les plats fins, puis quelqu'un frappe doucement à leur fenêtre.

Tarianne : C'est lui !
 
Shy-Lin : Ouvrez, ma douce, ne le faites pas attendre ! Je suis heureuse d'avoir retardé l'heure de mon coucher pour découvrir votre prince charmant !

Tarianne ouvre la fenêtre du balcon et Robin saute élégamment au sol, avant de la serrer dans ses bras.

Tarianne : Robin... tu prends trop de risques. Si le shérif te voit ? Il surveille mon appartement nuit et jour et...

Robin la fait taire d'un baiser

Robin : Personne ne peut m'empêcher de te voir, surtout pas les chiens de garde du prince Jean de Proficorp !
 
Tarianne  : Roquet de garde en l'occurrence, méfiance, il est armé d'un taiseur, suivi par des hordes de CRS vendus à Proficorp et...

Robin : Je le renverrai à la niche ! Tarianne, j'arpente des chemins connus de moi seul, je gravis les toits d'immeubles depuis l'âge de 6 ans. Ma belle, je ne risque absolument rien, l'idée de te voir me rend capable de surmonter tous els obstacles.
 
Shy-lin interrompt l'étreinte amoureuse.
 
Shy-Lin : Tu as bon gout, ma douce, voici fort longtemps que je n'ai vu jeune homme si attirant !
 
Robin : A qui ai-je l'honneur ?
Shy-Lin : A une vieille réfugiée politique qui ne peut quitter sa prison sous peine d'en rejoindre une autre ! Votre venue est une bouffée d'air frais en ce lieu de passage d'âmes putrides, mon cher ami. Installez-vous, vous avez droit à du homard en sauce ce soir, le prince Jean n'y a quasiment pas touché.
 
Robin : Je vous remercie, le homard est un plaisir que je ne puis m'offrir souvent...
 
Robin s'assoit à côté de Tarianne et se rend vite compte qu'il ne peut pas manger avec les 4 fourchettes (autant de couteaux) posées sur la table. Il décortique le homard à mains nues, quand sa belle s'assoie sur ses genoux, prend ses couverts et le fait amoureusement manger.

Robin : Tarianne, tu te souviens de notre première rencontre ? Nos regards entrecroisés...  Je nettoyais une table du Malbouf' et tu étais à la fenêtre d'en face, tu regardais le ciel. L'instant où tu as baissé els yeux pour les poser sur moi est éternellement gravé dans ma mémoire.

Tarianne : J'espérais qu'un homme pourrait forcer les barreaux de ma prison. Toi. Tu as fait mieux que les forcer : tu voles par dessus.

Robin : Je vole dans tous les sens du terme, puis je redistribue. Je veux devenir le héraut de l'équité. Et toi, Tarianne, mon trésor...

 

Shy-Lin (interrompant Robin) : Vous prenez vite gout aux bonnes choses, vous deux. Dois-je vous rappeler que le shérif peut débarquer à n'importe quel...

La porte s'ouvre à la volée, le shérif Sicolas entre. Stupéfait, il dégaine son taiseur et vise Robin qui n'a pas bougé.

Tarianne (se levant d'un bond) : Robin !  !  ! Recule !  !  !

Shy-Lin s'interpose et reçoit la décharge du taiseur en pleine poitrine. Complètement sonnée, elle s'effondre, le corps agité de petits tremblements. Robin saisit une fourchette et la lance en visant la main droite du shérif, qui pousse un cri de caniche égorgé en lâchant son arme.

Le shérif de Meuilly (caressant sa main comme un précieux) : Robin ? ? LE Robin ? AU PIED, VOUS AUTRES !!
 

Tarianne : Sauve-toi Robin !

 L'intéressé enjambe le balcon et saute sur la rambarde de gauche, dehors, les sirènes de police retentissent. 

 


Le shérif de Meuilly (se penchant par le balcon) : Quoi ? Il a des ressorts sous les pieds ou ? Bah, s'il le fait, je peux... Il tente d'enjamber le balcon, perd l'équilibre et se raccroche au bord. Oh putain ! S'adressant aux voitures de police : Vous en bas, les pauv'cons, venez, aidez moi !! Tarianne ! Tarianne ! Bouge ton cul et remonte moi !

Tarianne regarde en l'air

Le shérif de Meuilly  : Tu m'aides à remonter, ou c'est moi qui vais te monter, sal...

Un policier arrive et tend sa main gantée de cuir au shérif.

Le shérif de Meuilly : Merc... Putain, parle de ça, t'es viré ! Vous avez choppé Robin ?

Le policier (écoutant son talkie) : Négatif, il saute entre les toits comme un cabri, on ne peut pas tirer sans abimer les résidences, mais un hélicoptère est en route, chef.

Le shérif de Meuilly : Oubliez l'hélico, le temps qu'il arrive, il sera terré dans les égouts comme un rat. J'ai une meilleure idée...

Chapitre suivant : Kamayasi 2