Du spleen à la folie
Il pleut des lunes et rien n'est là pour la marée.
Les bateaux éoliens s'envolent dans les prés.
Le blé des lendemains des grottes éclairées,
S'écoule dans le vin sans pourtant m'abreuver.
Le soleil protégeait le sommeil du chagrin
Qui sut si bien briser la raison en mon sein.
Les couleurs me criaient un si pesant parfum
Que mon corps dérangé se mangea pour sa faim.
La terre est le tombeau du temple de la vie,
Je marche sur ses flots creusant à l'infini
Un sillon d'herbes, chaud, que le temps a tari
Et casse mon cerveau en multiples débris.
Le ciel est si petit qu'il tient en ma rétine,
Je stocke l'infini dans sa membrane fine.
Jamais plus une nuit sans pensées assassines
N'échappe à la folie devant qui je m'incline.
Chapitre suivant : L'invitation