L'invitation
Ce soir j’embarque avec la Lune, ne laisse rien
De mon passage d’infortune en tant qu’humain.
Je m’en vais loin, sans amertume, trouver demain
Un autre rivage où l’écume sera levain.
Je n’ai plus peur de cette brume voilant matin,
Ma voile sera mon bitume vers ces chemins
Qui m’emmèneront sur les dunes rêvées gamin,
La mer m’aimera plus qu’aucune ; je serai bien !
Si ces vers sont lettres posthumes, alexandrins,
Beaux habits servant de costume à mes quatrains,
Ils seront pensées opportunes aux citadins
Qui rêvent d’art mais qu’importune l’art incertain.
Venez avec moi je consume votre chagrin,
Vos maux seront mots qui rallument le phare éteint
De toutes poésies communes au genre humain ;
Embarquez ce soir sous la Lune, ne laissez rien !
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