Canicule
Le soleil sait revêtir d’opposantes vérités.
Il sait nous faire rougir aussi bien que nous bronzer.
Lui qui sait nous dévêtir, par trop, nous fait rhabiller ;
Il transforme nos sourires en fatigue ou traits tirés.
Il arrose tant ma peau d’une eau qui s’en évapore
Qu’aucun instant de repos ne peut reposer mon corps.
La nuit, le jour il fait chaud, on tient le compte des morts
Que tu laisses dans ton dos sans même faire un effort.
Mollement tu m’indisposes et l’esprit flotte et divague,
Vers un pays frais se pose, loin du sable de Camargue.
Mes vers se voudraient des proses vont et viennent sur la vague
Cherchant le point ou la pause qui s’échouera dans les algues.
En trop forte canicule mes maux sèchent l’encrier,
Je veux que l’on m’inocule un remède ou un glacier
Pour qu’enfin je manipule à nouveau mots et papiers
Qui s’engrangent et se cumulent dans ma tête fatiguée.
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