Berceau lunaire
Dans mon berceau lunaire je suis comme un enfant
Dans les bras de sa mère. Tout est doux à présent.
J’aime tant sa lumière, ell’ m’étend doucement
Dans l’un de ses cratères et me berce en chantant :
« Toi qui quittes la terre je sais trop maintenant
Combien est solitaire cette vie loin des vents.
De mon sol rien n’est mère, il n’est rien de vivant
Je suis un bout de terre dans les cieux, scintillant !
Je regrette ma mère la terre et ses enfants,
Je suis vide sans air, sans la chair et le sang.
Ici tout est austère et rien naît de mes champs
Qu’un amas de poussière; si tu m’aimes, va–t–en ! »
Ô mon berceau lunaire que reflète l’étang
Combien je désespère pour toi que j’aime tant !
Ô l’anté–bout de terre vois la mer qui s’étend
Vers toi qui lui es chère quand la marée reprend.
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