Prenez garde au poète
Prenez garde au poète, s’il vous plaît il vous mue,
S’il entre dans vos têtes il n’en sortira plus.
Ses mots sont des tempêtes et vers d’anges déchus,
S’il vous touche, la bête y trouvera son dû.
Méfiez vous de ses lettres ou vous serez perdus.
Si ses maux vous pénètrent ou se placent au dessus
De ce qui fait votre être, jetez–les dans les nues.
Mieux vaut ne pas connaître un verset inconnu.
Prenez garde aux poèmes ils sont d’encre de pus
Sur papier de blasphème, écrits vains éperdus,
Trace de l’anathème de mon âme vendue
Contre mes matins blêmes, une plume déchue.
Prenez garde au poète, il est damné, rebut.
Il attend, il vous guette à deux pas de vos rues
Pour dévorer vos têtes, absorber votre insu.
Prenez garde au poète, s’il vous plaît, il vous tue !
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