Quand je dirai
Quand je dirai à Dieu, aux hommes que je laisse
Le poids de mon fardeau, les maux de ma détresse,
Je pourrai mettre à l’eau mon radeau vers l’Adesse
Et, mélangé au feu, atteindre l’allégresse.
Poète, réceptacle aux douleurs quotidiennes,
J’ai trop longtemps capté sur mon dos, mes antennes
Tout ce qu’on fait de laid, ces larmes diluviennes
Que mes écrits, oracles, ont fait devenir miennes.
Si je disais à Dieu et la guerre et l’argent,
La faim et la misère et le viol des enfants
Il renierait la Terre et tous ces testaments !
Quand je dirai adieu aux hommes que je laisse
Je porterai pour eux leurs actions pécheresses
Et je dirai à Dieu : « pardonnez leurs faiblesses ! »
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