Optimiste
Je suis un arbre mort sans racine et qui tient
Entre le ciel et l’or par un charme divin.
Dans ma peine indolore où me rongent sans fin
Ces milliers d’âmovores dans ma fosse à purin
Je suis la métaphore du funeste destin
De l’être déjà mort qui pleure en son couffin.
Que n’est–on plus qu’un corps condamné à vieillir
Tant qu’il respire encore avant que de nourrir
Les vers ou les amphores impatients qu’un soupir
Comble de réconfort leur faim de nos désirs.
Je suis un arbre mort depuis l’aube où je vis
Mais même un arbre mort en automne est joli.
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