Description
Mon corps est un charnier, amas de maux, de peine,
Immondisme déchet, putride sang de veine.
J’ai bien vu dans tes yeux l’enveloppe charnelle
De ce moi si hideux qui effraie tes prunelles.
Je ne suis que rejets d’une herbe trop mauvaise,
L’encre qui a coulé, que le buvard enlève.
Je suis atrocité et malheurs et malaises,
Rien en moi de beauté, ton regard ne relève.
Perdu dans ma vermine et mon âme et mon cœur
Sont lueurs anodines dans ce monde voyeur
Où l’homme n’est que chair, mortel scaphandre vide,
Où l’esprit n’a que faire, où tout n’est qu’insipide.
Je suis laid, c’est ainsi et je pleure et j’implore
Que l’on voit qui je suis un peu plus qu’au dehors.
Je me vis dans tes yeux, tel que je n’étais pas,
À l’image d’un Dieu que je ne connais pas.
Si mon corps est charnier, amas de maux, de peine,
Mon âme y est damnée, embaumée de sa haine.
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