Ma mort
C’est un soulagement longuement invoqué
Par les corps si souffrants que l’âme veut quitter.
C’est l’injuste tourment d’une mère endeuillée
Qui pleure son enfant qu’elle ne verra jamais.
C’est l’espoir de gagner enfin le reposoir
Des esprits fatigués d’un excès de mémoire.
C’est l’inhumanité des corps qu’on laisse choir
Dans un trou enflammé, éternellement noir !
C’est un cri de victoire quand il sonne le glas,
Devant un auditoire, aux bourreaux jugés là.
C’est le bout du couloir, lumière d’un coma,
Où l’ultime miroir, en nous, nous jugera.
La mort coule en mes veines et apaise le feu
Qu’une vie de déveine a rendu furieux.
Je suis las, ma sereine, achève donc ce jeu
Pour que je me promène enfin loin de mes yeux.
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