Éternellement
Je les entends jouer à vouloir être grands
Ces chéris, mes bébés qui croient avoir le temps
De venir embrasser leur bien vieille maman.
Près de la cheminée, je revois mes enfants.
Ils n’ont jamais compris mon grand entêtement
À ne mettre de prix à mon appartement.
Pour eux il est sans vie, si vide d’un présent
Mais il est tant rempli des joies de mon antan !
Parfois je vois Lucie et Marcel et Clément,
Ils sont au pied du lit pleurant, se chamaillant.
Dans mes bras, leur abri, ils me serrent en jurant
Que nous sommes unis plus qu’éternellement !
Mais le temps se soucie guère des sentiments,
Avec ils ont grandi, oublié leurs présents.
Le feu dans l’âtre brille, un dernier battement
De mon cœur assombri m’envoie dans le néant.
Je les entends pleurer de mon paradis blanc,
Près de la cheminée je suis morte et pourtant
Mes chéris, mes bébés sont à nouveau présents,
Ils n’ont pas oublié : « plus qu’éternellement »…
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