Détention provisoire
Ça fait bientôt deux ans que mon esprit vacille
Dans sa prison de sang où seul un membre oscille.
Je vois passer le temps mais jamais la faucille
Ne vient rompre l’aimant qui m’accroche à la vie.
Dans mon internement, je pense et je ne suis
Plus qu’un balbutiement dans un corps endormi
Dont le cœur trop puissant se bat à l’infini
Pour me garder vivant, allongé sur un lit.
Je m’évade en rêvant de ce lieu, ma coquille
Où tout n’est que tourment, mon esprit, la toupille
Y tournoie se cognant dans cette immense nuit
Qu’est mon corps à présent que mes yeux ont flétri.
Ça fait bientôt deux ans que j’ai tué ces filles,
M’endormant au volant, depuis je suis maudit.
Unique survivant, chauffeur de beuverie,
Je paye chaque instant le prix de ces deux vies.
L’enfer est mon présent et je m’y suis conduit.
Dans mon enfermement pas un espoir ne vit.
Ô ! Mort, toi que j’attends, délivre mon esprit
Et que mon jugement soit enfin établi.
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