Ils n'ont que des rêves
Quand l’un voit le sable mélangé au soleil,
Ce tableau du désert qui n’a pas son pareil,
Un autre se revoit dans l’immense forêt ;
Ce berceau de la vie que nous avons quitté !
Il y a les regrets des rizières précoces
Où la pluie est pour nous une averse féroce.
Certains voient les châteaux, les champs des partisans
Qui ne partageaient que les labeurs et tourments !
Il y a ces visages qu’ils ne reverront plus,
Qui leur ressemblaient tant, qui les avaient émus
Mais qu’ils ont laissés là, dans le fil de leurs nuits :
Ces d’ailleurs, migrateurs rêvant d’une autre vie !
Ils rêvent du pays qui n’a pas voulu d’eux,
Tous les plafonds A.M.L.I. sont écrans souvenir.
Un réchaud, la télé mais sans plus d’avenir
Attend les malheureux rêvant d'y vivre mieux.
Il était étrange et il voulait s’en sortir
En quittant sa terre, coupant siennes racines.
Il est las, étranger rêvant de repartir
Mais tout ce qui l’attend là–bas n’est que famine.
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