Sur la côte des vignes
Sur la côte des vignes où la vigne n'est plus
Elle garde d'un signe enlaçant, suspendue
À son socle de pierre, nos maisons et nos rues.
Notre dame est si fière aux frontières des nues !
Logés dans quatre murs les habitants demeurent
Au sein de leur logis, se cachant des frayeurs.
Citadins en armure ils ne sont plus que leurres
Oubliant qu'il fut vie quand ils n'avaient pas peur.
Capitale du fer, ma ville a fait sa mue,
Transformant en désert l'industrie disparue.
Pourtant elle est coquette et se pare en tenue
De Noël et de fête à la bise venue.
Où va l'âme des villes quand une ville meurt,
Que fait–on de ses ruines et de feu sa grandeur ?
Il paraît que des îles naissent de la chaleur ;
Que faire quand les usines à chaud s'en vont ailleurs ?
Sur la côte des vignes où la vigne n'est plus
Elle observe mourir ma ville qui n'est plus
Qu'un dortoir où mourir se fait inaperçu
Comme toutes ces vignes aujourd'hui disparues !
Chapitre suivant : Les Nues