In Libro Veritas

Tennisgirl

Par pierre chonion

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Table des matières
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chapitre 3


Flushing Meadows ! Demain, je vais jouer la finale de l’US open junior face à Marina. Celle qui l’emportera sera sacrée championne du monde. Durant toute la saison, j’ai essayé de lui parler, de lui donner des gages d’amitié, mais en vain. L’influence de son père était la plus forte. Il l’avait endoctrinée pour bien lui faire comprendre que j’étais avant tout une adversaire redoutable, une ennemie à détruire à chacune de nos rencontres. Il ne mâchait pas ses mots : pas de sentiments, pas de pitié, elle devait me " démolir " !

Nous étions toutes deux licenciées dans le même club et jamais nous ne nous entraînions ensemble, l’une contre l’autre. Quelle aberration ! Notre préparation aurait été meilleure et moins contraignante.

Elle s’était préparée en conséquence pour cet ultime combat : huit heures par jour à transpirer, de la musculation à outrance pour lui sculpter un corps d’athlète.

Les veilles de finale, j’avais toujours du mal à trouver le sommeil. La nuit venait de tomber. Je m’étais installée à une table, dans le parc de l’hôtel, et je buvais une gorgée d’eau gazeuse quand je vis l’un des deux finalistes garçons s’approcher de moi.

-Salut Bob ! Toi aussi, tu as du mal à trouver le sommeil ?

-Comme toujours en pareil cas, Elodie.

Quand un jeune homme vous accoste, il est toujours préférable d’essayer de deviner ses intentions, mais cette fois, pour la première fois depuis la révélation de mes capacités, je fis " choux blanc ". Je le connaissais de réputation, en tant que joueur promis à un grand avenir, mais je ne l’avais jamais rencontré.

Nous parlâmes de choses et d’autres. A aucun moment, il ne chercha à me draguer. Il me fit plutôt une bonne impression. A défaut de pouvoir lire dans ses pensées, je pus cerner sa personnalité : il était gentil, simple, honnête, intelligent et profondément humain. Seul bémol à ce tableau idyllique, il était trop sûr de lui. Rien de fâcheux ne pouvait lui arriver. Sa victoire du surlendemain ne pouvait pas lui échapper.

Finalement, il me souhaita bonne chance, promit de venir m’encourager, puis alla se coucher.

Le lendemain, lorsque je me présentai sur le court, il était là, dans les tribunes.

Je combattis contre une lionne. Marina semblait être dans un état second, elle appuyait ses coups comme jamais elle ne l’avait fait auparavant. Elle se dépensait sans compter, sans donner l’impression de se fatiguer, sans jamais faiblir. Quelle détermination dans son regard !

Bob ne cessait de m’encourager. J’étais survoltée, je me sentais sur un nuage, je jouais mon meilleur tennis et je remportai le titre.

Marina était effondrée, à genoux sur le sol. Elle ne refusa pas ma main lorsque je voulus l’aider à se relever. Elle pleura un court instant sur mon épaule.

" Victoire et titre de championne du monde junior le jour de ses dix-sept ans. Joyeux anniversaire, Elodie ! ", annonça le speaker.

Mon adversaire malheureuse me sourit.

-Mon cadeau d’anniversaire, ce sera mon amitié, si tu le veux bien.

-C’est le plus beau cadeau dont je pouvais rêver !

Nous tombâmes dans les bras l’une de l’autre.

A ce moment, j’aperçus son père dans les tribunes. Il m’adressa un sourire et un signe de la main. Je les lui rendis.

A la sortie des vestiaires, Bob m’attendait. Il me félicita. Je lui promis d’aller l’encourager pour sa finale du lendemain.

Lui aussi se battit comme un lion, mais il perdit.

-Je t’avais promis de gagner, fit-il, tout penaud. Je suis un prétentieux, un pauvre imbécile.

-Une bonne claque peut parfois être bénéfique.

-Je l’ai bien méritée.

C’était la dernière rencontre de la saison. Nous aspirions à prendre un repos bien mérité.

-Demain matin, je prends l’avion pour retourner sur mon île.
Je t’invite à passer quelques jours chez moi, me proposa-t-il. Ce sera mon cadeau d’anniversaire.

Evidemment, j’acceptai.

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