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Une vie de vers (Volume I)

- Catégorie : Poésie
- Par Bernard Lancourt
-
- Date de publication sur In Libro Veritas : 15 juillet 2005 à 21h48
- Dernière modification : 30 septembre 2005 à 15h21
-
Une vie de vers, c'est une vie comme la mienne, une vie comme la vôtre, Ö ! vous, lecteurs ! Que ces vers soient faits de mots ou de peau, qu'ils vous émeuvent ou qu'ils se meuvent, ils font partie de votre éternité.
Je n'ai fait que les dessiner, c'est à vous, de leur donner la vie.
Un lecteur a dit d'Une vie de vers :
« Coup de maître ! (9/10)
Un vrai travail de pro! »
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13608 lectures |
180 pages
Une vie de vers (Volume I)
La biche
Au détour d'un chemin, si souvent emprunté,
Pour m'en aller rêver, loin de la société,
J'aperçus une biche à la mine épuisée,
Que la faim, tout l'été, n'avait pas épargnée.
Sur des pattes très fines et petits sabots
Qui supportaient son corps comme quatre grelots,
Le cou tendu vers Dieu, telle une condamnée,
Elle flairait la branche qui s'était fanée.
Attiré par ses yeux qui ne me quittaient pas,
Je me mis à la suivre au rythme de son pas.
Sans crainte et sans reproche, elle permit que je
La suivisse un instant, une sorte de jeu
Que la gentille femelle, étant au bord des larmes,
Voulut jouer encore, avant de rendre l'âme.
Je n'avais jamais vu tant de pure beauté,
Parmi tant de douleur et tant de cruauté,
Et n'aurais jamais cru, au sein de la Nature,
De plus touchante scène, contempler la peinture.
Mais c'est alors qu'un bruit me fit tourner la tête
Et que j'aperçus là, les petits de la bête.
Ah ! Comme ils étaient gras et beaux, ces innocents,
Qui avaient de leur mère épuisé tout le sang.
Et qui, tout en marchant et qui, tout en mâchant,
S'amusaient, en silence, différent des enfants,
S'amusaient, en silence, comme le font les faons.
Pour m'en aller rêver, loin de la société,
J'aperçus une biche à la mine épuisée,
Que la faim, tout l'été, n'avait pas épargnée.
Sur des pattes très fines et petits sabots
Qui supportaient son corps comme quatre grelots,
Le cou tendu vers Dieu, telle une condamnée,
Elle flairait la branche qui s'était fanée.
Attiré par ses yeux qui ne me quittaient pas,
Je me mis à la suivre au rythme de son pas.
Sans crainte et sans reproche, elle permit que je
La suivisse un instant, une sorte de jeu
Que la gentille femelle, étant au bord des larmes,
Voulut jouer encore, avant de rendre l'âme.
Je n'avais jamais vu tant de pure beauté,
Parmi tant de douleur et tant de cruauté,
Et n'aurais jamais cru, au sein de la Nature,
De plus touchante scène, contempler la peinture.
Mais c'est alors qu'un bruit me fit tourner la tête
Et que j'aperçus là, les petits de la bête.
Ah ! Comme ils étaient gras et beaux, ces innocents,
Qui avaient de leur mère épuisé tout le sang.
Et qui, tout en marchant et qui, tout en mâchant,
S'amusaient, en silence, différent des enfants,
S'amusaient, en silence, comme le font les faons.
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