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Les Liaisons Dangereuses

- Catégorie : Romans / Nouvelles
- Par Pierre Choderlos de Laclos
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- Date de publication sur In Libro Veritas : 26 juillet 2005 à 1h55
- Dernière modification : 31 juillet 2005 à 0h41
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La marquise de Merteuil a, jadis, été abandonnée par le comte de Gercourt. Elle demande à son ancien amant, Valmont, de séduire la pure Cécile Volanges que le comte doit épouser.
Valmont poursuit un autre but aussi maléfique: il veut séduire, parce qu'il l'aime, une femme célèbre pour son esprit religieux et sa chasteté.
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579 pages
Les Liaisons Dangereuses
LETTRE LXI
Elle a emporté toutes les Lettres de Danceny. Je frémis toutes les fois que je songe qu'il me faudra reparaître devant elle. Je n'ai fait que pleurer toute la nuit.
Je t'écris au point du jour, dans l'espoir que Joséphine viendra. Si je peux lui parler seule, je la prierai de remettre chez Madame de Merteuil un petit billet que je vais lui écrire ; sinon, je le mettrai dans ta Lettre, et tu voudras bien l'envoyer comme de toi.
Ce n'est que d'elle que je puis recevoir quelque consolation. Au moins, nous parlerons de lui, car je n'espère plus le voir. Je suis bien malheureuse ! Elle aura peut-être la bonté de se charger d'une Lettre pour Danceny. Je n'ose pas me confier à Joséphine pour cet objet, et encore moins à ma Femme de chambre ; car c'est peut-être elle qui aura dit à ma mère que j'avais des Lettres dans mon secrétaire.
Je ne t'écrirai pas plus longuement, parce que je veux avoir le temps d'écrire à Madame de Merteuil, et aussi à Danceny, pour avoir ma Lettre toute prête, si elle veut bien s'en charger. Après cela, je me recoucherai, pour qu'on me trouve au lit quand on entrera dans ma chambre. Je dirai que je suis malade, pour me dispenser de passer chez Maman.
Je ne mentirai pas beaucoup ; sûrement je souffre plus que si j'avais la fièvre. Les yeux me brûlent à force d'avoir pleuré ; et j'ai un poids sur l'estomac, qui m'empêche de respirer. Quand je songe que je ne verrai plus Danceny, je voudrais être morte.
Adieu, ma chère Sophie. Je ne peux t'en dire davantage ; les larmes me suffoquent.
Je t'écris au point du jour, dans l'espoir que Joséphine viendra. Si je peux lui parler seule, je la prierai de remettre chez Madame de Merteuil un petit billet que je vais lui écrire ; sinon, je le mettrai dans ta Lettre, et tu voudras bien l'envoyer comme de toi.
Ce n'est que d'elle que je puis recevoir quelque consolation. Au moins, nous parlerons de lui, car je n'espère plus le voir. Je suis bien malheureuse ! Elle aura peut-être la bonté de se charger d'une Lettre pour Danceny. Je n'ose pas me confier à Joséphine pour cet objet, et encore moins à ma Femme de chambre ; car c'est peut-être elle qui aura dit à ma mère que j'avais des Lettres dans mon secrétaire.
Je ne t'écrirai pas plus longuement, parce que je veux avoir le temps d'écrire à Madame de Merteuil, et aussi à Danceny, pour avoir ma Lettre toute prête, si elle veut bien s'en charger. Après cela, je me recoucherai, pour qu'on me trouve au lit quand on entrera dans ma chambre. Je dirai que je suis malade, pour me dispenser de passer chez Maman.
Je ne mentirai pas beaucoup ; sûrement je souffre plus que si j'avais la fièvre. Les yeux me brûlent à force d'avoir pleuré ; et j'ai un poids sur l'estomac, qui m'empêche de respirer. Quand je songe que je ne verrai plus Danceny, je voudrais être morte.
Adieu, ma chère Sophie. Je ne peux t'en dire davantage ; les larmes me suffoquent.
De... ce 7 septembre 17**.
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