Navigation : InLibroVeritas.net > Romans / Nouvelles > Les Liaisons Dangereuses > Page 63
Les Liaisons Dangereuses

- Catégorie : Romans / Nouvelles
- Par Pierre Choderlos de Laclos
-
- Date de publication sur In Libro Veritas : 26 juillet 2005 à 1h55
- Dernière modification : 31 juillet 2005 à 0h41
-
La marquise de Merteuil a, jadis, été abandonnée par le comte de Gercourt. Elle demande à son ancien amant, Valmont, de séduire la pure Cécile Volanges que le comte doit épouser.
Valmont poursuit un autre but aussi maléfique: il veut séduire, parce qu'il l'aime, une femme célèbre pour son esprit religieux et sa chasteté.
10/10 (1 votes)
|
293 aiment
226 n'aiment pas |
30111 lectures |
579 pages
Les Liaisons Dangereuses
LETTRE XXIII
Cependant elle voulut fuir ; mais elle fut bientôt dans mes bras ; et, loin d'avoir la force de résister, à peine lui restait-il celle de se soutenir. Plus j'observe cette femme, et plus elle me paraît désirable. Elle s'empressa de retourner à son métier, et eut l'air, pour tout le monde, de recommencer sa tapisserie ; mais moi, je m'aperçus bien que sa main tremblante ne lui permettait pas de continuer son ouvrage.
Après le dîner, les Dames voulurent aller voir les infortunés que j'avais si pieusement secourus ; je les accompagnai. Je vous sauve l'ennui de cette seconde scène de reconnaissance et d'éloges. Mon coeur, pressé d'un souvenir délicieux, hâte le moment du retour au Château. Pendant la route, ma belle Présidente, plus rêveuse qu'à l'ordinaire, ne disait pas un mot. Tout occupé de trouver les moyens de profiter de l'effet qu'avait produit l'événement du jour, je gardais le même silence. Madame de Rosemonde seule parlait et n'obtenait de nous que des réponses courtes et rares. Nous dûmes l'ennuyer : j'en avais le projet, et il réussit. Aussi, en descendant de voiture, elle passa dans son appartement, et nous laissa tête à tête ma Belle et moi, dans un salon mal éclairé ; obscurité douce, qui enhardit l'amour timide.
Je n'eus pas la peine de diriger la conversation où je voulais la conduire. La ferveur de l'aimable Prêcheuse me servit mieux que n'aurait pu faire mon adresse. “Quand on est si digne de faire le bien, me dit-elle, en arrêtant sur moi son doux regard :
“Comment passe-t-on sa vie à mal faire ? - Je ne mérite, lui répondis-je, ni cet éloge, ni cette censure ; et je ne conçois pas qu'avec autant d'esprit que vous en avez, vous ne m'ayez pas encore deviné.
Après le dîner, les Dames voulurent aller voir les infortunés que j'avais si pieusement secourus ; je les accompagnai. Je vous sauve l'ennui de cette seconde scène de reconnaissance et d'éloges. Mon coeur, pressé d'un souvenir délicieux, hâte le moment du retour au Château. Pendant la route, ma belle Présidente, plus rêveuse qu'à l'ordinaire, ne disait pas un mot. Tout occupé de trouver les moyens de profiter de l'effet qu'avait produit l'événement du jour, je gardais le même silence. Madame de Rosemonde seule parlait et n'obtenait de nous que des réponses courtes et rares. Nous dûmes l'ennuyer : j'en avais le projet, et il réussit. Aussi, en descendant de voiture, elle passa dans son appartement, et nous laissa tête à tête ma Belle et moi, dans un salon mal éclairé ; obscurité douce, qui enhardit l'amour timide.
Je n'eus pas la peine de diriger la conversation où je voulais la conduire. La ferveur de l'aimable Prêcheuse me servit mieux que n'aurait pu faire mon adresse. “Quand on est si digne de faire le bien, me dit-elle, en arrêtant sur moi son doux regard :
“Comment passe-t-on sa vie à mal faire ? - Je ne mérite, lui répondis-je, ni cet éloge, ni cette censure ; et je ne conçois pas qu'avec autant d'esprit que vous en avez, vous ne m'ayez pas encore deviné.
Que pensez-vous de cette oeuvre : J'aime Je n'aime pas
Options concernant cette oeuvre
- Signaler une faute à l'auteur, page 63.
- Poster un commentaire à propos de cette oeuvre
- Alerter un modérateur
- Ajouter cette oeuvre à votre livre à la carte
- Télécharger la version pdf de cette oeuvre (gratuit)
- Placer un marque page sur cette page pour reprendre la lecture plus tard
- Ajouter à vos oeuvres favorites
- Envoyer cette oeuvre à un ami
Licence de cette oeuvre

L'oeuvre ci-dessus est mise à disposition sous licence Art Libre (LAL 1.3).
- Votre livre papier
- ILV vous permet d'acheter un livre papier comportant les oeuvres de votre choix.
- Edition classique
- Publiez votre livre
- Roman, Nouvelle, recueil de poésie, bande dessinée, ILV-Edition vous publie
- ilv-edition.com
- ILV-Experience
-
- En savoir plus
- Retrouvez nos catalogues : monde du libre et auteurs repérés sur et par InLibroVeritas.
- Newsletter
- Recherche
- Lecture libre...
-
- Le meilleur d'ILV
- Romans / Nouvelles
- Humour
- Actualité
- Poésie
- Informatique
- Théâtre
- Essais / Critiques
- Tribune libre
- Biographies / Témoignages
- Documents
- Contes
- Jeunesse
- Vie pratique
- Économie/Finances
- Sciences humaines
- Sciences / techniques
- Correspondances
- Scénarios
- Chroniques
- Thèses
- Esotérisme / Spiritualité
- Citations
- Philosophie
- Textes fondamentaux
- Lyrics - Chansons
- Plus de lecture...
- Agenda littéraire
-
L M M J V S D 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 - << | Décembre 2008 | >>
- À découvrir
-
Francine Ségeste
Trames étranges. 3. Et les cris de la fée
Au pays de l’ennui, une fée rêve de provoquer la...
Confidentialité | Conditions générales de vente | Questions fréquentes | Partenariats | Nous contacter
© 2004-2008 Reverbere.net, Tous droits réservés. In Libro Veritas est une marque déposée.
Crédits complets | Webdesign : AG Creations |
In Libro Veritas est soutenu par Gandi. | Cherise | Alaplume















