Bob le paresseux
Bob le paresseux
Dans une petite maison, perdue au coeur d'une grande ville, vivait Bob Bouc que tout le monde nommait Bob le paresseux.
Son surnom était dû à sa grande paresse. Il restait toujours devant la télé et son occupation première était de dormir. Ce n'était même plus un homme mais plutôt une larve dont tous les membres étaient mous. Parfois, il faisait un effort surhumain pour se lever de son bon vieux canapé, puis, il s'écrasait sur une chaise roulante et allait près de son ordinateur pour commander de la nourriture sur internet. Faire les courses était un sport loin de sa portée.
Mais un jour, l'éprouvante vie de notre ami Bob fut bouleversée. Alors qu'en plein après-midi, une série télévisée fort passionnante l'envoûtait, une silhouette sombre s'approcha dangereusement de sa maison...
Un vil voleur muni d'un long marteau s'apprêtait à fracturer la porte de Bob !!! Quelles étaient ses intentions ? Bob en tout cas ne savait pas se défendre...
En entendant que l'on défonçait sa porte, Bob se demanda ce qu'il devait faire. Il écarta l'idée d'appeler la police : le téléphone se trouvait à plus d'un mètre du canapé. Ses voisins l'aideraient sûrement pensait-il naïvement. L'homme vêtu de noir semblait conscient que Bob ne daignerait pas appeler de l'aide et que l'esprit d'entraide était effacé des mentalités. L'effraction avait lieu en plein jour ! Il continua donc tranquillement son ouvrage.
Enfin, après quelques bruyantes minutes, la porte céda. En un éclair, l'homme s'engouffra dans la maison. Il s'empara d'un chat noir et blanc. Puis, sans toucher à autre chose, il s'évada en courant.
Bob, qui se trouvait au premier étage, entendit son chat miauler avec terreur. Il s'exclama tristement : "Ha bah nan !" Le voleur lui avait dérobé sa source de survie ! Son chat !
Mais attention, pas n'importe quel chat ! C'était un animal savant unique en son genre. La bête savait faire à manger, la vaisselle, la lessive, le repassage, le nettoyage... Sans elle, Bob était perdu ! Il était bien trop fainéant pour effectuer toutes ces tâches irréalisables.
C'était la catastrophe pour Bob ! Sans son chat il serait obligé de tout faire lui-même, il ne pourrait pas survivre à ce coup du destin. Il devait retrouver son animal, c'était son seul salut.
Après une bonne heure de préparation psychologique, notre ami rassembla toutes ses forces et se releva lentement, péniblement de son nid. Ensuite, il se traîna mollement au rez-de-chaussée pour constater l'ampleur des dégâts. Cela faisait plusieurs mois qu'il n'avait pas exploré sa maison et tout était en bazard. Epuisé par cette aventure, il dégringola sur un siège. En reprenant son souffle, il scruta la pièce et découvrit alors des poils noirs sur le sol. Il se leva calmement et se dirigea vers la porte.
Dehors, il découvrit que le chat avec laissé des poils sur la route, comme le Petit Poucet. Il avait donc juste à suivre les traces pour retrouver son animal. Il hésita un petit moment avant d'affronter le tumulte de la rue mais, comprenant qu'il n'avait pas d'autres choix, il sortit de son cher foyer. Bien sûr, il ne marcha pas, il arrêta un taxi et lui demanda de suivre les poils de chats sur la route.
Après quelques détours, les traces s'arrêtèrent à proximité d'un entrepot désaffecté. "Il n'y a pas un chat par ici" déclara le conducteur du taxi. Néanmoins, Bob sortit du véhicule, paya sa course et s'approcha discrètement du vieux bâtiment. Il trouva rapidement une petite entrée puis découvrit.... le repaire du vil voleur.
*Attention aux âmes sensibles*
Heureusement, le voleur était assoupi. Bob, en reniflant l'air, comprit tout de suite que son chat intelligent avait laché des gaz nauséabonds pour maitriser son adversaire. Il allait donc pouvoir facilement être libéré.
Bob s'approcha à pas de loup et constata que l'homme en noir avait un pied posé sur la cage... Notre ami saisit son courage à deux mains, retînt son souffle et déplaça délicatement la lourde jambe.
Par miracle, l'homme ne se reveilla point. Bob ouvrit lentement la cage, libéra son fidèle chat et le prit dans ses bras. Mais, en saisissant son animal, le fainéant lacha la grille de la cage et celle-ci retomba avec fracas ! Ce tapage reveilla immédiatement la sentinelle. Face à l'imminence du danger, un réflexe força Bob à prendre ses jambes à son coup et à courir plus vite qu'il ne l'avait jamais fait.
Pour s'échapper, Bob courut courut courut. Au début il ressentait une impression de douleur puis, au fur et à mesure qu'il filait, cela devenait plaisant. Ses jambes pouvaient enfin se dégourdir.
Finalement, ce n'était pas si mal de bouger constata Bob. Quand il arriva chez lui, il était heureux car son effort avait été récompensé. Depuis ce jour, notre ami n'était plus aussi paresseux et aimait même faire des sauts de kangourous dans la rue...