Chapitre 1
On dit souvent qu’écrire c’est mettre son âme sur le papier. Mon âme à moi est celle tourmentée d’un être blessé, blessé par la violence des hommes.Les paroles d’une chanson disent :
« You can break the body but you can’t break the soul”.
J’ai appris à mes dépends que ces paroles étaient fausses. On peut briser l’âme d’une personne aussi facilement que l’on peu briser son corps.
Et, pour réparer l’âme d’une personne, je ne connais aucun médecin compétent.
Vous allez me dire : comment peut-on briser l’âme ?
Bien c’est assez simple. Il suffit d’un peu de fureur violente, de cris psychiques comme on les appelle. C’est un art très sournois : apprendre à terroriser les personnes par la voix, rien que la voix.
Quand une personne se met à hurler de fureur devant vous, votre âme quitte votre corps aussi facilement que le ferait un ballon emporter par le vent.
Vos yeux s’exorbitent pendant un temps. Cela vous fait mal. C’est physique. Perdre son âme est une chose très physique et réelle
Et vous vous révoltez. Et cette révolte ne dure qu’un temps, puis plus rien. Vous vivez, mais sans réellement vivre. Vous êtes là oui peut être, mais vous n’y êtes plus pour personne. Vous êtes vivant oui, mais plus personne ne veut vous parler. Vous êtes un zombi.
Après un long travail sur vous-même vous reprenez espoir puis au bout de six mois cette zombification disparaît vous ressentez physiquement dans votre tête que votre âme est revenue et ça fait mal.
Et là, vous vous battez. Vous vous battez avec vous-même car vous ne voulez plus jamais revivre cela. Mais votre bourreau est toujours là. Il vous observe, vous scrute, épie vos mouvements.
Et c’est là que vous comprenez où vous en êtes : vous n’êtes qu’un esclave, l’esclave d’une personne sournoise et perverse qui n’a qu’un seul but : chosifier les gens pour exister.
C’est un cauchemar. Cela ne peut pas exister, cela n’est pas réel. Et pourtant, si !
Dans un moment d’intuition, je prends le téléphone et regarde une adresse, celle d’une psychologue.
Je lui parle travail l’air de rien. Elle est d’accord, : on parlera travail.
On n’a pas parlé travail…Elle m’a beaucoup aidé.
Pendant ce temps j’essaie de quitter le domicile familial, aidé par trois personnes compétentes, un psychiatre, une accompagnatrice sociale et cette psychologue.
Je subis menace, mensonge, harcèlement, haine, culpabilisation… Et un jour, déchaînement de fureur de mon père, jusqu’à la menace physique d’un coup de couteau, chose dont je ne tiens pas compte.
Je lui avais acheté un couteau spécial qu’il avait lui-même mis en valeur. Alors s’il voulait me poignarder, ce serait avec celui là. Mais il ne l’a pas fait.
Mon propre père n’a pas eu ce courage.
Après encore quelques brimades, je vais voir un médecin, pour un excès de stress. C’est un prétexte pour faire reculer mon père et cela fonctionne.
Non seulement, j’ai réussi à quitter mes parents, mais j’ai acquis ma liberté. Mes parents ont trouvé une autre victime : mon grand père, victime de son refus de croire en la perversité de sa fille.
Alors aujourd’hui, je veux panser mes blessures, mais c’est difficile. Car je vois trop le monde comme un univers de malheur et de fausse joie, de haine et d’ignorance, de dépit et de froideur.
Mais où est l’être humain dans tout ça ?
Si, si ! Il existe ! Il est caché, au plus profond de nous, quelque part…