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Hubert

Par Imago

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Table des matières
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Acte Troisième

(Un salon dans l’hôtel. Des fauteuils confortables, un bar inoccupé, des chaises, de petites tables, des cendriers. La sortie Cour mène aux chambres et la sortie Jardin au hall d’entrée.)
 
SCENE PREMIERE
 
HUBERT, SANDRA
(Hubert est vêtu d’une autre chemise.)
 
HUBERT
L’air de la matinée est si frais que je voudrais tous les jours être levé à sept heures.
 
SANDRA
Dans tes bras, le froid n’existe pas plus que la pluie dans le désert.
 
HUBERT
Tes baisers ont guéri mes plaies : ma mère n’est plus, ni sur Terre, ni dans mon cœur. Je commence à croire que mon destin est d’être heureux avec toi.
 
SANDRA
De cette destinée, je serai la prophète. Désormais, de mon cœur, tu es maître, puisse ma pensée remplacer l’image de ta mère en toi.
 
HUBERT
Belle prophète, je serai ton meilleur fidèle… (Il l’embrasse.)
 
SANDRA
Alors, il y a bien une autre issue que la mort ?
 
HUBERT
Il y en a des milliers et tu es la plus belle d’entre toutes.
 
SANDRA
Alors, je suis heureuse. (Elle l’embrasse.)
Et pour ta femme ?
 
HUBERT
Ma mère la soutenait, je ne veux pas rester avec elle.
 
SANDRA
Ah non ? Même pour son argent ?
 
HUBERT
Je n’en veux pas, j’en dépenserais volontiers la totalité pour rester un quart d’heure auprès de toi.
 
SANDRA
Je te retrouve enfin, tu es redevenu comme au premier jour, des larmes de joie ne suffiraient pas pour exprimer le bonheur que j’éprouve.
 
HUBERT
Je ne suis plus manipulé désormais, j’ai enlevé le masque de cet homme cupide que j’ai bien failli devenir.
 
SANDRA
Il y a encore quelque chose que je voudrais te demander.
 
HUBERT
Tout ce que tu voudras, cher ange.
 
SANDRA
Réconcilie-toi avec ton père. Je t’en prie.
 
HUBERT
Cela, tu le sais, je ne peux pas.
 
SANDRA
Mais pourquoi ?
 
HUBERT
Il n’a pas été là pour moi, il m’abandonné d’une certaine façon, même en restant présent. Ma mère m’a appris à le mépriser et il n’a jamais rien dit contre ça.
 
SANDRA
Mais il est venu ici, pour te sauver. Ce Léon est fou, il veut te tuer et tu as commis avec moi l’irréparable. Il nous faut fuir au plus vite. Ton père t’aime, Hubert.
 
HUBERT
Il ne me l’a jamais dit…quand j’étais petit, peut-être.
 
SANDRA
Mon chéri, écoute-moi : il faut fuir !
On entend du bruit.
HUBERT
Quelqu’un vient, vite, cache-toi !
 
Sandra se cache derrière un fauteuil.
 
SCENE II
 
HUBERT, LEON, SANDRA (cachée)
 
LEON
Alors, mon gendre, bien dormi ?
 
HUBERT
Le jour commençait à poindre quand je me suis réveillé.
 
LEON
Et vous n’avez pas beaucoup dormi, j’imagine ? Un jour de noces !
 
HUBERT, avec un sourire
Non, il est vrai.
 
LEON
Ah ça ! La nuit a donc été bonne pour vous.
 
HUBERT
Très bonne, je vous remercie.
 
LEON
Excusez-moi si je suis un peu direct.
 
HUBERT
Vous êtes tout excusé.
 
LEON
Ma fille n’est pas encore levée, je ne sais pas comment elle fait, ces pays chauds, ce n’est pas bon pour le sommeil. Elle ne vous verra sans doute pas ce matin.
 
HUBERT
Et pourquoi donc ?
 
LEON
Vous avez une visite de la forêt Amazonienne en parapente prévue ce matin.
 
HUBERT
C’est vrai, j’avais presque oublié…
 
SANDRA, à part
Il veut l’abandonner dans la forêt !
 
LEON
Le moniteur devrait arriver bientôt, je vous propose de l’attendre dans le hall d’entrée.
 
HUBERT
Avec plaisir… (à part) Je file dans le hall et je m’en vais !
 
LEON
Venez, nous allons l’attendre ensemble ! (Il lui donne une claque dans le dos)
 
HUBERT, à part
Et zut !
 
Ils sortent.
SANDRA, seule
Alors c’était ça son plan ? Emmener Hubert dans la forêt pour…oh ! Il faut que j’avertisse Henri, son père !
Elle sort en courant.
SCENE III
 
MARIE-CHANTAL-BERENICE, seule
 
La scène reste un moment vide puis Marie-Chantal-Bérénice entre.
 
MARIE-CHANTAL-BERENICE, inquiète et soupçonneuse
Hubert n’est pas venu se coucher, hier soir…oh, que je suis bête ! J’ai dû m’endormir…Et il s’est levé avant moi, c’est la seule explication… (Elle regarde autour d’elle et continue, inquiète) Un démon m’oppresse le cœur… je sais que je dois le tuer et pourtant…je crois que je l’aime. (Se reprenant) Non, c’est stupide, je ne suis jamais tombée amoureuse ! (Presque lyrique) Mais enfin…il est jeune, il est beau…c’est sans doute sa première fois, il n’ose pas. C’est pour ça qu’il a attendu que je m’endorme pour aller se coucher. Après tout, il ne me connaît pas encore très bien…j’espère que ce soir, il sera…  (Se reprenant à nouveau.) Non, ce soir, il sera mort, il faut oublier, oublier… Papa m’a dit que ça pouvait arriver quand on se mariait de tomber amoureuse…Oh quelle erreur, quelle erreur d’aimer ! Mon père l’a appris à ses dépens, il est presque esclave de son Anne-Marie et fait tout ce qu’elle veut. Voilà où cela nous mène : je tombe amoureuse et je ne veux plus le tuer…
 
 
 
 
 
SCENE IV
 
MARIE-CHANTAL-BERENICE, LEON
 
LEON
Bonjour, Marie-Chantal-Bérénice.
 
MARIE-CHANTAL-BERENICE,
Oh je t’en prie, tu n’as pas besoin de m’appeler par ce nom ridicule en privé !
 
 
LEON
En voilà une qui s’est levée du mauvais pied, ce matin ! Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Ton Hubert ne t’a pas réveillé ?
 
MARIE-CHANTAL-BERENICE, dépitée
Non.
 
LEON
Ah ça, les mariages d’intérêt…
 
MARIE-CHANTAL-BERENICE
Pas sûr, il peut être amoureux…
 
LEON, éclatant de rire
Ah ! Ah ! Ah !
 
MARIE-CHANTAL-BERENICE
Bah quoi, c’est possible !
 
 
 
 
LEON
C’est très improbable, on ne tombe pas amoureux comme ça ! Tu sais, avec Anne-Marie, on a mis le temps.
 
MARIE-CHANTAL-BERENICE
C’est une union…solide.
 
LEON
Plus solide que les liens du mariage, c’est certain !
 
MARIE-CHANTAL-BERENICE, essayant de paraître désinvolte
Tu as vu Hubert ce matin ?
 
LEON
Oui, je l’ai mis entre les mains de ce cher Juan qui l’emmène voler au dessus de la forêt Amazonienne.
 
MARIE-CHANTAL-BERENICE
Quoi ?
 
LEON
Ne t’inquiète pas, on pourra l’achever nous-mêmes, il doit juste le laisser en pleine jungle ! Il a passé les épreuves pour être moniteur de parapente spécialement pour l’occasion.
 
MARIE-CHANTAL-BERENICE
Tu prépares le coup depuis longtemps ?
 
LEON, soudain mal à l’aise
Oui, Anne-Marie y pensait depuis quelque temps…
 
 
MARIE-CHANTAL-BERENICE
Mais…est-on obligé de le tuer…aujourd’hui ?
 
LEON, soupçonneux
Pourquoi ?
 
MARIE-CHANTAL-BERENICE
Pour savoir…
 
LEON
Oui. Anne-Marie m’a dit : « le lendemain de votre arrivée. » (Après un frisson) Elle voulait que ça ne traîne pas.
 
MARIE-CHANTAL-BERENICE
Anne-Marie, toujours Anne-Marie !
 
LEON
C’est ça d’aimer, tu comprendras plus tard. Bon, je vais me préparer et ensuite on part pour la forêt.
Il sort.
MARIE-CHANTAL-BERENICE, seule
Papa, tu ne comprends rien !
 
 
SCENE V
 
MARIE-CHANTAL-BERENICE, LE PATRON
 
LE PATRON, tenant un journal, à part
J’ai lu l’article d’hier soir, je suis persuadé qu’on lui a tiré dessus, quoi qu’il en dise. Et je pense savoir pourquoi… (Apercevant Marie-Chantal-Bérénice) Madame, ce que vous avez fait hier soir…est infâmant !
 
MARIE-CHANTAL-BERENICE, réagissant
Comment monsieur ?
 
LE PATRON
Je comprends, vous aviez peur d’être soupçonné par votre mari et il était en train de lire cet article ! C’est pour ça que vous lui avez tiré dessus ! Et lorsque l’alerte a été donnée, vous êtes arrivée tranquillement en faisant semblant d’avoir été réveillée par le bruit !
 
MARIE-CHANTAL-BERENICE, à part
Mais qu’est-ce qu’il me chante ?
 
LE PATRON
Vous et votre père n’êtes que des criminels, je vais vous dénoncer aux autorités !
 
MARIE-CHANTAL-BERENICE
Et de quel droit ?
 
LE PATRON, tendant le journal
Lisez.
 
MARIE-CHANTAL-BERENICE, lui prenant le journal et lisant
Suicide chez les bourgeois. (Haut) Titre accrocheur… (lisant) Madame Anne-Marie de la Haute Cour a été retrouvé morte cet après-midi à son domicile… tuée d’une balle dans la tête. Les spécialistes affirment qu’elle s’est elle-même donnée la mort, l’alerte a été donnée par son portier, témoin de la scène. Quelques heures plus tôt, son fils Hubert de la Haute Cour se mariait avec la tristement célèbre Lélia Pronto qui se cache sous le faux nom de Marie-Chantal-Bérénice de la Haute Vallée. Lélia Pronto, vingt et un ans, veuve trois fois dans des circonstances nébuleuses. Son père, Léon Pronto, soupçonné de trafic d’armes a été vu avant son départ pour l’Aéroport de Roissy. Une enquête est en cours, la police n’exclut pas que Léon ait poussé madame de la Haute Cour au suicide. « Nous les soupçonnons d’être tous deux impliqués dans des affaires de trafic d’armes et de substances illicites. Elle aurait pu tout révéler » confie le responsable de l’enquête. L’avocat de M.Pronto s’est indigné, déclarant que… (Elle s’arrête d’un coup)
 
LE PATRON
Alors, vous tremblez ! Fille d’assassin !
 
MARIE-CHANTAL-BERENICE, sortant son pistolet
Si vous dites un seul mot aux flics…
 
    LE PATRON, se trouvant mal
    Oh…on me vise, on veut me tuer ! Au secours ! Ah… (Il s’évanouit et tombe lourdement.)
    MARIE-CHANTAL-BERENICE
    Quel courage… en tout cas, maintenant, il va se taire. (Elle prend une serviette, le bâillonne et le cache dans les coulisses, hors scène) Ce placard fera l’affaire. (Elle revient)  Quelle chance, Anne-Marie qui se suicide ! C’était prévisible, évidemment. Comment va réagir mon père ? (D’un air rêveur) Il renoncera sûrement à tuer Hubert…ce serait…formidable ! (Se reprenant) Mais d’abord, il faut que je sache ce qu’il est allé faire cette nuit !
 
 
SCENE VI
 
MARIE-CHANTAL-BERENICE, ANNA
 
ANNA, équipée pour le service d’étage, à elle-même
Ce que les gens sont malpropres ! Ils n’ont aucun respect pour les femmes de ménage ! Je n’ai plus vingt ans, moi…
 
    MARIE-CHANTAL-BERENICE, à part
Tiens, elle tombe bien ! (Haut) Bonjour, c’est vous qui faites les chambres ?
 
ANNA
Ah ça oui qu’c’est moi ! Depuis trente-cinq ans que j’fais les chambres !
 
    MARIE-CHANTAL-BERENICE
Vous n’avez rien remarqué de bizarre cette nuit ?
 
ANNA
Bah non, p’tet ce coup de feu en début de nuit qui m’a réveillée mais le patron m’a dit que c’était normal. Comme si c’était normal d’entendre à coup de feu à onze heures du soir !
 
    MARIE-CHANTAL-BERENICE
Oui, c’est étrange qu’un homme se promène à cette heure.
 
ANNA
Pour sûr !
 
    MARIE-CHANTAL-BERENICE
Savez-vous ce qu’il a fait ensuite ?
 
ANNA
Bah, il est allé se coucher comme tout le monde puisque c’est normal.
 
    MARIE-CHANTAL-BERENICE
Impossible, je ne l’ai pas vu arriver…
 
ANNA, se retenant de sourire
Ah, bah ! Les hommes sont très farceurs, je peux vous en dire un rayon…Tiens, pas plus tard que ce matin, je passe dans la chambre quatorze qui était d’abord la treize mais moi j’ai pas oublié que c’était la treize ! Alors je rentre et j’me dis : Tiens Anna, c’est bizarre, la chambre quatorze, elle est pas double ! Et voilà que je trouve partout par terre des habits de fille et de garçon ! Allez m’expliquer ça, tiens !
 
    MARIE-CHANTAL-BERENICE
Comment ?
 
ANNA
J’peux vous dire que j’étais aussi étonnée que vous ! Et je l’ai vue, la fille, même pas sûre qu’elle aie ses dix-huit balais ! Si j’étais sa mère, je serais pas ravie.
 
    MARIE-CHANTAL-BERENICE
Et l’homme ?
 
ANNA, après un temps de réflexion
J’pense que c’est le type qui s’est fait tirer dessus, c’était les mêmes vêtements !
 
    MARIE-CHANTAL-BERENICE, contenant sa rage
    Ah oui ?
     
    ANNA
    Vous pouvez me croire ! Y paraît que c’est le nouveau patron ici, enfin, c’est pas mes affaires. Je constate, c’est tout. Vous allez bien ?
     
    MARIE-CHANTAL-BERENICE
    Très bien, parfaitement bien…
     
    ANNA
    Bon, j’vous laisse alors… j’ vous comprends, c’est pas drôle d’être dans votre situation, les hommes, tous pareils !
    Elle sort.
     
    MARIE-CHANTAL-BERENICE, seule, écumant de rage
    Ah, tu m’as trompée ! Ah tu m’as humiliée, moi, Lélia Pronto ! Tu es allé passer la nuit avec une de ces petites minettes et tu m’as laissée seule ! (Observant le journal) Mon père ne verra jamais ce journal, jamais ! Je vais le brûler ! Quant à toi, Hubert, je viendrai avec mon père, comme prévu, pour te tuer !
     
     
SCENE VII
 
MARIE-CHANTAL-BERENICE, LEON
 
Léon entre, habillé pour la jungle. Elle cache rapidement le journal derrière son dos.
 
LEON
Alors, ma fille, toujours pas prête ?
 
    MARIE-CHANTAL-BERENICE
Non, papa…
 
LEON
Dépêche-toi…qu’est-ce que tu caches derrière ton dos ?
 
    MARIE-CHANTAL-BERENICE
Rien du tout…
 
LEON
Si ce n’est rien du tout, montre-le-moi…
 
    MARIE-CHANTAL-BERENICE
Mais papa…
 
LEON
Allez ! (Elle lui tend le journal)
 
    MARIE-CHANTAL-BERENICE, à part
    Ne l’ouvre pas à la page sept !
     
    LEON
    Tiens, ils ont encore des problèmes avec leurs centrales nucléaires…
     
    MARIE-CHANTAL-BERENICE, à part
    Tout va bien, c’est la une !
     
    LEON
    Tu sais que c’est le journal préféré d’Anne-Marie ?
     
    MARIE-CHANTAL-BERENICE
    Ah bon ?
     
    LEON 
    Oui, il n’annonce toujours que des catastrophes ou des morts, il paraît que ça fait vendre.
     
    MARIE-CHANTAL-BERENICE
    Sans doute, sans doute…mais ce n’est pas le moment de lire, tu ne crois pas ? Je vais me préparer !
    Elle sort.
     
    LEON, seul
    Juan n’est pas revenu… Hubert a dû se défendre, enfin, peu importe. Il doit être au milieu de la jungle à présent, dans une zone peuplée par les Jivaros, je crois. Bon, je vais attendre dans le hall.
    Il pose le journal et sort.
     
     
     
SCENE VIII
 
SANDRA, HENRI
 
Ils arrivent dans le salon, très inquiets.
HENRI
J’ai peur de ne pas avoir tout compris… tu sais où est Hubert, maintenant ?
 
SANDRA
Oui, ils l’ont emmené dans la forêt, cette leçon de parapente n’était qu’un prétexte.
 
HENRI
Et il n’a pas voulu m’adresser la parole ?
 
SANDRA
Non, il me l’a dit ce matin.
 
HENRI
J’ai guetté sa chambre, ce matin, il n’est pas sorti.
 
SANDRA, gênée
Non, il était…ailleurs.
 
HENRI
Je vois…mais la question c’est plutôt, où est-il, maintenant ?
 
 
SCENE IX
 
HENRI, SANDRA, EDOUARD
 
Edouard est habillé en short et t-shirt.
EDOUARD, à part
Qu’il est agréable de prendre un peu de vacances, je devrais être renvoyé plus souvent.
 
HENRI
Oh mais c’est Edouard !
 
 
EDOUARD
Monsieur ! Quel plaisir de vous voir, j’ignorais que vous étiez ici !
 
HENRI
Nous sommes venus incognito, Hubert est en danger de mort.
 
EDOUARD
Oui, je sais, la mort de sa mère a été bouleversante pour lui, il a essayé de se suicider, hier. Après quoi, il m’a renvoyé, ce qui explique la négligence de ma tenue.
 
HENRI
Hubert, vous renvoyer ?
 
SANDRA, alarmée
Hubert, se suicider ?
 
EDOUARD
Je ne reconnaissais plus mon jeune maître mais je dois reconnaître que, contrairement à lui, la mort de Madame n’a eu qu’un effet vite estompé sur moi. Je suis ravi de vous retrouver, monsieur.
 
HENRI
Hubert ne va pas très bien en ce moment…en tout cas, mon cher Edouard, je te reprends.
 
EDOUARD
Monsieur est trop bon pour moi, j’avais peur de ne jamais pouvoir rentrer en France. Enfin, j’ai quelques informations à vous donner.
 
 
SANDRA
Sur Hubert ?
 
EDOUARD
Oui mais également sur votre frère Charles de la Haute Cour.
 
HENRI
Mon frère ? Il est ici ? Cela fait trente ans qu’on n’entend plus parler de lui !
 
EDOUARD
Vous avez bien deviné, monsieur, il est ici. On raconte des histoires à propos d’un français très riche qui serait venu habiter dans la forêt. Dans la réalité, je crains que votre frère ne soit devenu un membre de la tribu des Jivaros. Le rapport avec monsieur Hubert est simple, il est apparemment parti avec son moniteur de parapente survoler la zone où on pense qu’il se trouve.
 
SANDRA
Qui n’en est pas un !
 
HENRI
Comment ça ?
 
SANDRA
Il n’y a pas de rapport avec Hubert, il est avec Léon ! Ce matin, Léon est venu chercher Hubert et ne l’a pas quitté jusqu’à son départ !
 
HENRI, à Edouard
Mais comment savez-vous tout ça ?
 
 
EDOUARD
C’est mon métier de tout savoir et il se trouve que les gens parlent beaucoup ici et comme j’ai fait cinq ans d’espagnol… d’ailleurs les placards aussi parlent, ici.
 
HENRI
Les placards ?
 
EDOUARD
Oui, en passant dans le couloir tout à l’heure, j’ai entendu des voix venant d’un placard. C’est par ici.
 Il indique la sortie où se trouve le placard.
 
 HENRI
Allons voir.
Henri et Edouard sortent.
 
SANDRA, seule
Alors il est perdu avec les réducteurs de tête ? Quelle horreur…
 
 
SCENE X
 
SANDRA, MARIE-CHANTAL-BERENICE puis HENRI, EDOUARD et LE PATRON
 
Marie-Chantal-Bérénice revient et regarde Sandra d’un air glacial, elle lui rend son regard durant plusieurs secondes.
     
MARIE-CHANTAL-BERENICE
C’est toi… la chambre quatorze… (Un temps.)
 
VOIX DE LEON
Alors, ma fille ? J’attends !
 
Lentement, elle se retourne et sort.
Henri et Edouard reviennent avec le patron.
 
LE PATRON
Elle m’a menacé et là… je crois que j’ai perdu connaissance. Elle est dangereuse, très dangereuse.
 
EDOUARD
Parlez calmement, monsieur.
 
LE PATRON
Vous savez, la femme du patron…
 
EDOUARD
Oui…
 
SANDRA, se retournant vers eux
Elle vient de passer.
 
LE PATRON, apeuré
Quoi ?! Cachez-moi, cachez-moi !
 
HENRI
Du calme, vous n’avez rien à craindre, elle est partie…ça va aller…
 
SANDRA, à part
Ce regard… elle sait…
 
 
 
 
LE PATRON
Je… je suis sûr que c’est elle qui a tiré le coup de feu, hier soir… il lisait un journal… (Il aperçoit le journal sur une table) Celui là !
Henri prend le journal.
 
HENRI
Des problèmes dans les centrales ?
 
LE PATRON
Non, regardez à la page sept.
 
HENRI
« Suicide chez les bourgeois » (Il parcourt le journal) Ils annoncent le suicide d’Anne-Marie ! Je comprends !
 
SANDRA
Hubert et sa mère, c’était quelque chose.
 
EDOUARD
Nous ne devons pas nous décourager, Sandra, vous disiez que la femme de monsieur Hubert venait de passer. Elle ne doit pas être très loin, équipons-nous et suivons-les.
 
LE PATRON
Ils vous auront semé… mais si vous voulez, j’ai le tracé du vol de monsieur de la Haute Cour. Mais j’y pense, il devrait déjà être revenu, il y a un déjeuner en son honneur dans une heure !
 
HENRI
Donnez-nous ce plan. Sandra, va t’habiller pour la marche, Edouard, voyez si on peut louer un véhicule. Affairons-nous, mon fils est en danger !
 
EDOUARD, sortant, au patron
Vous nous direz si le déjeuner était bon !
 
Tous sortent.

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