Scène II
BEN, IRÈNE
IRÈNE. Hé bien, monsieur Ralois !
BEN, à part. Quand elle m’appelle monsieur Ralois, c’est qu’elle a quelque chose à me reprocher… (Haut) Que se passe t-il, Irène, ma chérie !
IRÈNE. Il y a que ça fait dix minutes que je t’appelle pour déjeuner…
BEN. C’est que…je n’ai pas entendu.
IRÈNE. Tu n’as pas entendu ? Tu dois être sourd, ma parole ! Ton fils s’est plaint que je faisais du bruit, il en faut quand même !
BEN, à part. Oui, je l’ai entendu mais je devais terminer mon expérience ! (Haut) Je te demande pardon…
IRÈNE. Maintenant, est-ce que monsieur est disposé à venir descendre manger ? Et d’aller dire bonjour à son fils, qu’il n’a pas vu depuis deux jours !
BEN, à part. C’est vrai que je ne l’ai pas vu…
IRÈNE. Aller, descends ! (Elle remarque qu’il manque un chausson à son mari) Mais bon sang, qu’as-tu fait de ton chausson ?
BEN. Je l’ai égaré…
IRÈNE. Tu as intérêt à le retrouver, tu risques d’attraper la crève, et qui va rester au chevet de son mari à le soigner après ? C’est Irène ! En ce moment, tout disparaît dans cette maison, d’abord je ne retrouve plus mon tapis ni mes lunettes…j’ai dû en racheter !
BEN, à part. C’est sûr, j’ai fusionné les lunettes avec le tapis, à présent j’ai des lunettes en tapis, ça ne sert pas à grand-chose mais ça fait progresser la science !
IRÈNE. Je me demande à quoi tu peux bien passer tes journées…tu bidouilles sur ton ordinateur à longueur de temps…
BEN. Mais je ne fais rien de mal…
IRÈNE. Sans doute mais tu perds ton temps…
BEN, à part. Ma femme ne comprend rien au progrès de la science ! C’est très bien ce que je fais là, plus tard, on me félicitera.
IRÈNE. Et sur quoi travailles-tu exactement ?
BEN. Eh bien, il s’agit d’une fusion moléculaire entre…
IRÈNE. Oh, tais-toi, c’est trop compliqué pour moi, continue pourvu que cela ne nous cause pas de malheurs.
BEN. Sois tranquille. (à part) Un chausson en pomme n’a rien de dangereux !
IRÈNE. C’est étrange…tu sens la pomme ? Ne me dis pas que tu travailles sur les odeurs ?
BEN, à part. Ah zut, le chausson sent fort ! (Il tente e repousser le chausson au fond de sa poche)
IRÈNE. Qu’as-tu dans ta poche ?
BEN. Rien, rien…
IRÈNE. Monsieur Ralois…sortez ce qu’il y a dans votre poche !
BEN. Ce n’est pas la peine, chérie…
IRÈNE. Aller ! (Ben sort le chausson en pomme à contrecoeur) Mais qu’est-ce que c’est que cette horreur ?
BEN. C’est…une œuvre d’art ! Un chausson sculpté dans de la pomme !
IRÈNE. On dirait ton chausson…
BEN. Oui, l’artiste a utilisé le même chausson, c’est drôle, hein ? C’est pour ça que je lui ai acheté à la foire à tout… (à part)
Ça passe !
IRÈNE. La foire à tout ? Oh et puis je m’en moque de ton chausson sculpté mais je te défends de poser cette horreur dans le salon !
BEN. Je te le promets ! (à part) Je ne vais pas exposer mes expériences aux regards des voisins ! Ils me voleraient l’idée !
IRÈNE, sortant. Eh bien, tu descends ?
BEN. Je descends ! (Il pose le chausson par terre et sort. La scène reste un moment vide puis Paul entre avec Marie, sa soeur.)
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