Scène VI
ANNE, puis CAMILLE
ANNE, entrant, seule d’abord. Oh, que c’est lugubre ici…on se croirait dans un film d’horreur. (Elle observe les cabines) Dis donc… (Confidentiellement, au public) Entre nous, son père doit être un vrai malade… (Criant, à la cantonade) Camille ! Viens voir, c’est trop bizarre ici !
CAMILLE, entrant. Qu’est-ce qu’il y a, Anne ?
ANNE. Regarde-moi ça, son père travaille dans quoi ?
CAMILLE. Je n’en sais rien, il ne me parle pas beaucoup de sa famille…
ANNE. Tu me diras ce que tu veux, Camille, mais je parie que tu en pinces pour lui, ça se voit trop !
CAMILLE. Mais non, je te dis, c’est mon ami et… (Anne rit doucement) Non, c’est vrai, c’est mon ami.
ANNE. Si tu le dis, enfin, franchement, Paul…
CAMILLE, piquée. Quoi ?
ANNE. Je veux dire, il est pas moche mais franchement tu aurais pu trouver mieux.
CAMILLE. Pourquoi tu dis ça ? Honnêtement, par rapport à lui…
ANNE. Arrête, tu es plus belle que lui, franchement…
CAMILLE. Je voudrais tellement te ressembler.
ANNE. Je te l’ai dit : dans la vie, il faut être soi-même…Si tu l’aimes, vas lui dire…
CAMILLE, à part. Elle est embêtante, à la fin ! (Haut) Mais puisque je te dis que…
ANNE. Arrête…vous faites tout ensemble, tu l’admires (à part) je me demande pourquoi d’ailleurs, (haut)
et il t’admire, quoi de mieux ?
PAUL, hors scène, appelant. Camille ?
ANNE, avec un sourire. Tu vois, il ne peut pas se passer de toi…c’est la fusion.
CAMILLE. Tu dis des bêtises, en tout cas, toi, tu n’es pas prête de « fusionner » comme tu dis.
ANNE. Sûrement pas, quelle horreur, je perdrais ma liberté !
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