Scène V
ALEXANDRA, CAMILLE, PAULLANNE
PAULLANNE. C’est malin, maintenant, je vais me faire engueuler alors que je ne suis qu’à moitié coupable…tout ça c’est la faute de Paul ! Non, de celle d’Anne ! Je reconnais que ma tendre moitié masculine a voulu impressionner Camille mais…Pas du tout ! D’ailleurs c’est Anne qui a…
CAMILLE, au bord des larmes. Taisez-vous !
PAULLANNE, touché. Mais…
ALEXANDRA. Excusez-moi mais…c’est quoi ce délire ? Vous vous faites un film ou quoi ? (Regard noir des deux autres pendant quelques secondes) Bon, bah, je vais aller rejoindre Oscar ! (à part) Ils sont tarés, ceux-là !
CAMILLE, tombant sur une chaise. Pendant tout le voyage, vous n’avez pas arrêté de vous disputer ! Tout le monde dans le train vous regardait… Je ne savais plus quoi faire…j’avais honte ! Vous…vous avez de la chance d’être encore en vie ! Qui sait ce qu’on aurait pu trouver dans la cabine n°3 ?
PAULLANNE. C’est sûr, on peut tout imaginer…
CAMILLE. Et au lieu de vous serrer les coudes, vous vous disputez !
PAULLANNE. Oui, mais…
CAMILLE. Je vais finir par croire que vous ne valez pas mieux l’un que l’autre ! (Elle met sa tête dans ses mains)
PAULLANNE, à part. C’est vrai, elle a raison… (Il s’approche d’elle et la serre dans ses bras. Il relève la tête et continue, haut) Sans Anne, jamais Paul n’aurait pu faire ça. Tu vois ?
CAMILLE. Mais qui es-tu donc ?
PAULLANNE. Je ne suis ni Paul ni Anne. A présent, qui suis-je ? Je ne sais pas. Camille, est-ce que tu aimais Paul ?
CAMILLE, troublée. Mais je…je ne sais pas. Et si…toi, tu restais à jamais comme ça, m’aimerais-tu ?
PAULLANNE. A moitié. Sans doute pas comme il faudrait. Mes gènes, mes hormones sont différentes…Parfois, je me sens plus fille que garçon.
CAMILLE, le serrant contre elle. Comme je voudrais que cela finisse ! Tu sais, je te jure que si cela s’arrête et que Paul et Anne reviennent, je deviendrais la petite amie de Paul et pour longtemps.
PAULLANNE. Si tu savais, je suis heureux. En moi, mon cœur palpite. (Il aperçoit Oscar qui vient) Mais c’est Oscar, le copain d’Anne ! Je n’ai jamais ressenti ça de ma vie ! (Il court à sa rencontre et sort)
CAMILLE, seule. Tant d’émotions…tant de sensations… (ZOÉ entre) Ils doivent vivre une expérience…monumentale ! Ce doit être…
ZOÉ. Mademoiselle, vous désirez quelque chose ?
CAMILLE, qui ne l’a pas vue. Quelque chose de très fort…
ZOÉ. Nous avons un expresso noir, excellent.
CAMILLE. Ce doit être magnifique…
ZOÉ. Oh, c’est bien modeste…
CAMILLE, regardant à gauche. Alors, il arrive ?
ZOÉ. Oh, excusez-moi, mademoiselle ! (Elle sort)
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