Scène VIII
OSCAR puis CAMILLE
OSCAR, au public. Mais c’est pas vrai ! Les filles n’ont vraiment aucune conscience du moment où elles devraient rester chez elles ! Ce qui me fait rire, c’est qu’avec moi, ça marche à chaque fois alors que j’ai plus trompé mes copines qu’un séducteur de cinquante ans ! Naïves et superficielles, voilà ce qu’elles sont aujourd’hui. Elles sont toutes tombées dans le piège une à une. Regardez-les s’extasier sur les beaux mecs ! C’est trop facile et j’en ai assez. J’essaie puis je passe à la suivante… (Il soupire) Les filles ne sont plus ce qu’elles étaient, je me suis adapté. Du prince charmant, je suis passé au bandit, l’amour merveilleux, tranquille, sans histoire… quelle bêtise ! Vous me détestez n’est-ce pas ? Parce que je suis honnête, parce que je dis la vérité ! Il serait temps de grandir, jeune homme, les princesses de conte, ça n’existe plus. Réveillez-vous ! Les romantiques sont dépassés, finis ! Oui, jeunes filles, sur cette scène vous me détestez mais dans la vie, vous m’adoreriez. Vous n’aimez plus qu’on vous chante la sérénade ou qu’on vous récite un poème et nous, les garçons, nous ne sommes plus capables ni de l’un ni de l’autre, à quoi bon ? Nous n’avons plus besoin de ça pour vous amener dans nos lits ! Tous des salauds ? Peut-être, mais je préfère être un salaud qui réussit qu’un raté ! J’abuse de votre confiance ? Vous l’avez fait avant moi et j’ai jeté ma plume, ma lyre et ma culture. Je ne crois plus en l’amour, où êtes-vous princesse, où êtes-vous bergère, où êtes-vous, Vénus ? Il ne vient à moi que de pâles imitations d’hommes, dans leur jeans, leur tabac et leur alcool, complexées par des chimères ! Où est votre féminité ? Tant que je ne l’aurais pas trouvée, je continuerai.
Les filles, elles sont bien aveugles. (Entre Camille.)
CAMILLE, à elle-même. Il… ou elle m’a dit de rester en dehors de ça…pourvu que Marie revienne bientôt.
CAMILLE, à elle-même. Il… ou elle m’a dit de rester en dehors de ça…pourvu que Marie revienne bientôt.
OSCAR. Salut, alors comme ça, tu connais Marie ?
CAMILLE. Oui, depuis peu.
OSCAR. Elle a dû te dire bien du mal de moi…
CAMILLE. Non.
OSCAR. Je n’imagine pas tout le bien qu’on pourrait dire de toi.
CAMILLE. Ne le dis pas.
OSCAR. Désolé, ma jolie, mais je ne peux pas m’en empêcher…
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