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Table des matières
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Scène XI

BEN, PAULLANNE, CAMILLE, MARIE, ZOÉ, MADAME LAROCHE puis ALEXANDRA et OSCAR
 
MADAME LAROCHE. - Monsieur Ralois !
BEN, essayant de rester calme. - Ah, madame Laroche !
MADAME LAROCHE. - Oscar est parti ?
BEN. - Il est occupé avec la jeune personne de tout à l’heure…
MADAME LAROCHE. - Ah, bien sûr…
CAMILLE. - Justement, ils arrivent… (Alexandra entre sur scène avec un air de jeune fille fière d’avoir découvert une supercherie, elle a le pas rapide et Oscar est sur ses talons.)
ALEXANDRA. - Tout est fini entre nous !
OSCAR. - Alex !
ALEXANDRA. - Va retrouver la pétasse avec qui tu sors en Province puisque que tu n’en as rien à faire de moi ! (Elle sort)
MADAME LAROCHE, à Ben - Qu’est-ce que je disais ? (Haussement d’épaules approbateur de Ben. La colère de Paullanne est visible.)
OSCAR. - Elle est partie ! (Il s’approche de Marie) Et tout ça, c’est ta faute !
MARIE. - Ah oui ? (Elle lui donne une claque)
OSCAR. - Ah mon Dieu ! Ce doit être la troisième !
MARIE. - J’en ai assez qu’on me dise que c’est de ma faute, je veux qu’on me foute la paix une bonne fois pour toutes, je suis une fille comme les autres ! Viens, Camille, on s’en va.
CAMILLE. - Si tu veux… (A Paullanne) Viens ! (Il la suit. En passant près d’Oscar, il lève la main et ce dernier réagit en se protégeant comme s’il était persuadé que Paullanne allait le frapper. Sortent Paullanne, Camille et Marie.)
OSCAR, à part. - Vite, il faut que j’aille chez Anne avant elle sinon, je suis bon pour me faire larguer deux fois dans la même journée ! (Il sort avec précipitation.)
MADAME LAROCHE. -  Les jeunes ne prennent plus le temps de réfléchir, vous ne trouvez pas ?
BEN. - C’est qu’ils n’ont pas le temps, la jeunesse part tellement vite… (Un temps.)
MADAME LAROCHE. - J’ai vu votre femme ce matin avant de partir au travail, elle semblait heureuse et épanouie, elle m’a parlé de votre fils.
BEN. - Ah oui, notre fils…
MADAME LAROCHE. - Toutes les femmes n’ont pas la chance qu’à la votre.
BEN. - Pour ça…
MADAME LAROCHE. - Vous êtes un couple uni, solide, quinze ans de mariage ! On n’en voit plus comme ça aujourd’hui !
BEN. -  Plus du tout !
MADAME LAROCHE. - C’est que vous remplissez vos devoirs de mari, et c’est tout à votre honneur, le mien par contre…
BEN. -  Oh…
MADAME LAROCHE. -  Un infidèle, un menteur, un coureur de jupons, qui a transmis son vice à ma fille !
BEN. -  A votre fille ?
MADAME LAROCHE. -  Oui, monsieur Ralois, je vous le dis comme je le vois, ma fille papillonne, elle ramène des garçons à la maison mais jamais les mêmes et je me doute bien de ce qu’ils font.
BEN. - Ce que nous faisions lorsque nous étions jeunes, on était silencieux pour pas que nos parents entendent… (à part)
Ca va durer encore longtemps ?
MADAME LAROCHE. - Oui… je vais vous avouer une chose, j’ai toujours aimé les petits scientifiques à lunettes dans votre genre.  
BEN. - Petit ?
MADAME LAROCHE. - Oui, ils expérimentent, ils ne savent pas trop ce qu’ils font et il faut tout leur dire et à ce moment, ils répondent à vos moindres désirs… et ils n’étaient pas jaloux, êtes-vous jaloux, Benjamin ?
BEN, à part, surpris. - Elle m’appelé Benjamin ! (Haut) Non, jamais.
MADAME LAROCHE. - Moi je suis très jalouse, c’est pour ça que je suis très malheureuse. Excusez-moi d’avoir été sévère tout à l’heure mais je suis très à cheval sur la ponctualité, je suis assez dominatrice en fait, c’est mon petit côté maîtresse.
BEN. - Ecoutez, tout cela est passionnant mais l’heure tourne et…
MADAME LAROCHE. - Vous avez raison, nous ferions peut-être mieux de passer chez moi pour étudier les plans de votre machine, nous aurons tout le temps de discuter. Amenez les enfants, si vous voulez.

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