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Scène VI

MADAME LAROCHE puis PAULLANNE
 
MADAME LAROCHE, seule. Qu’ai-je fait ? Je l’ai embrassé, ma parole, je dois être folle ! C’est fou ce qu’on ressent quand on est amoureuse, ça ne m’est pas arrivé depuis presque vingt ans ! (Confidentiellement, au public) Hé, vous croyez que j’ai mes chances avec le petit intello à lunettes ? Oh mais c’est vrai que ce n’est pas convenable… Reprends-toi Catherine, tu es une femme respectable, une femme soumise, tu as oublié ? Ton mari fait ce qu’il veut avec les femmes qu’il veut mais toi, tu restes au foyer et tu ne penses surtout pas aux hommes, ce serait immoral ! (Elle se reprend) Mon Dieu, je commence à dire des choses terribles… il ne vaut mieux pas que je continue, ça pourrait faire des histoires avec lui et les enfants, liberté, tu appartiens au démon ! Je me fiche que tu dois dans la devise nationale ! Je risque de devenir féministe, ce serait la honte, pas vrai ? (Elle rit) Je vois d’ici le tableau ! Catherine la féministe ! Ça fera bien, tiens !  (Entre discrètement Paullanne, il aperçoit madame Laroche qui continue, sans le voir) Et on me dira dans la rue : « alors, tu n’as toujours pas fait monter le salaire des femmes » ! L’affiche, pas vrai ?
PAULLANNE, à part. Zut, et Oscar qui va rentrer ! (Il referme la porte)  
MADAME LAROCHE. Tiens, qu’est-ce que c’est que ça ? Je dois être fatiguée, il est temps d’aller me coucher. (Elle sort par le fond, Paullanne ouvre de nouveau la porte et envoie un message à Oscar en murmurant « c’est bon, la voie est libre » puis sort.)

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