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Scène III

PAULLANNE, seul
 
(Paullanne pose la bassine puis va vers le miroir, il se regarde, prend plusieurs poses, se recoiffe puis il se rapproche de son reflet, comme pour l’embrasser. Il se recule et se caresse les cheveux. Un moment puis il se détend comme si quelqu’un l’embrassait. Il regarde la machine, en caresse le haut puis va rechercher la bassine et la pose devant lui, il regarde son reflet, touche l’eau. Puis il s’approche de l’eau, toujours un peu plus, comme s’il voulait embrasser son reflet. Ses lèvres touchent la surface de l’eau puis il relève la tête) C’est si doux. (Il se caresse le corps doucement par dessus son peignoir.) Mon âme… (Il continue sa caresse) Tu es là… Paul et Anne disparaissent… ils n’existent plus…je suis seul…tout seul dans ce peignoir qui n’est pas à moi… J’ai chaud. Si chaud… Camille est partie hier. Je ne la reverrai plus. Oscar est sorti par la fenêtre… (il a un sourire) Ce qu’il avait l’air bête. Ce qu’ils air bête tous les deux… je ne m’en soucie plus. Unique… je suis unique… il n’y en a pas deux comme moi. Je suis l’unique représentant du troisième sexe. C’est dingue… je me sens bien. Je ne veux pas retrouver mon apparence d’origine… quelle apparence ? Je n’existais pas… Et s’ils voulaient me faire devenir comme avant ? Un mec coincé, une fille superficielle… Que m’importe ! Je me moque bien de leur disparition ! Marie aura de la peine… la famille Ralois et la famille Laroche aussi mais c’est comme ça. Je suis humain. Je veux rester comme je suis. (Il se retourne vers le miroir et pointe un doigt accusateur)
Quoi ? L’amour ? Je m’en fiche ! Je m’aime, moi ! Pas comme ces gens qui ne peuvent pas se regarder dans le miroir ! Je te défie, reflet ! Je te regarde en face et je te dis que tu me plais comme tu es ! Je suis imparfait et j’en suis fier ! Qu’ils viennent, ces gens m’arracher mon nouveau corps ! Jamais je ne leur donnerai ! Mon corps est à moi, je fais ce que je veux avec.    

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