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Table des matières
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Scène IX

BEN, MADAME LAROCHE
 
MADAME LAROCHE, le poursuivant. Écoute, Benjamin, je dois absolument te parler.
BEN. Nous sommes entre collègues, non ? Alors parlons travail.
MADAME LAROCHE. Je suis désolée, je t’ai fait rater ton omelette mais il faillait que je te parle…
BEN. L’omelette était presque prête, il ne manquait plus que le sel !
MADAME LAROCHE. Mais quand tu m’as vue, tu as eu comme un sursaut et tout s’est étalé par terre…
BEN. Ô rage, ô désespoir, l’omelette finit à terre et tout cela pour quoi ?
MADAME LAROCHE. Pour te dire que je t’aime, Benjamin !
BEN. Eh bien moi, ma chère Catherine, il s’avère que je ne t’aime pas et comme on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs…
MADAME LAROCHE. Eh bien ?
BEN. Eh bien, elle ne finit pas par terre !
MADAME LAROCHE. Qui ça ?
BEN. L’omelette, pardi !
MADAME LAROCHE. Mais vas-tu arrêter de te prendre le chou avec ton omelette ?
BEN. Tu m’excuseras mais les carottes sont cuites ! Tu m’as embrassé contre mon gré presque devant ton mari, heureusement ma femme n’en sait rien !
MADAME LAROCHE. Quelle importance si ta femme l’apprend ? Vous faites chambre à part !
BEN. C’est normal, je dors ici !
MADAME LAROCHE. Tu t’occupes un peu des femmes qui t’aiment de temps en temps ?
BEN. Tu veux un vrai poste ? Une vraie carrière ? Oublie tout ça.
MADAME LAROCHE. Je te rappelle que c’est moi qui présente ton projet à l’Académie.
BEN. Ne me fais pas de chantage, ce n’est pas comme ça que tu m’auras.
MADAME LAROCHE. Pourquoi restes-tu avec Irène ? Pourquoi ?
BEN. Parce que c’était la seule disponible.
MADAME LAROCHE. Elle était chez moi hier.
BEN. Et alors ? Moi aussi. (Un silence)
MADAME LAROCHE. Benjamin, mon mari m’a dit qu’il me quittait et ma fille n’est pas rentrée ! (Elle se met à pleurer et tombe sur le canapé)
BEN. Allons, Catherine, calme-toi, ça va s’arranger. (Il s’assoit et la console)
MADAME LAROCHE. Embrasse-moi.
BEN. Non, cela, je ne peux pas. (Il se lève.)
MADAME LAROCHE. Benjamin… si tu ne m’embrasses pas… je raconte tout à ta femme !
BEN, à part. Aïe ! Ne pas montrer qu’on est troublé ! (Haut) Mais raconte donc si tu veux.
MADAME LAROCHE. Ça t’est égal ?
BEN. Complètement. (à part) Panique générale.
MADAME LAROCHE. Et si je me tuais ?
BEN, à part. Le chantage au suicide, maintenant ! Va-t-elle donc me lâcher les baskets ?
MADAME LAROCHE. Je n’ai plus rien à perdre, après tout.
BEN. Ne dis pas de bêtises, Catherine, tu as besoin de réfléchir et de te reposer, tu viens d’apprendre deux nouvelles difficiles et tu as besoin de t’en remettre, voilà tout… allez, je te raccompagne… (à part)
Je gère !
MADAME LAROCHE. Oui, tu as raison, j’ai besoin de réfléchir. (Un temps, elle se lève) Benjamin, elle n’a jamais été utilisée, cette machine ?
BEN. Pour quelques babioles, rien de plus mais elle est en parfait état de marche, dis-le à l’Académie surtout.
MADAME LAROCHE. Oui, demain matin, j’irai à l’Académie… (à part) C’est égal, je reviendrai ! (Ils sortent)

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