In Libro Veritas

Fusion

Par Imago

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Table des matières
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Scène XII

MARIE, ALEXANDRA, PAUL, ANNE, OSCAR
 
OSCAR, avec le caleçon en main, tout fier. J’ai trouvé un caleçon !
MARIE, à Paul. Prends-le, grand frère. (Paul ne bouge pas) Eh oh ! Hou-hou… (Elle tente d’attirer son attention)
PAUL. Je ne bougerai pas.
ANNE. Ni moi non plus.
MARIE. Ils ne vont pas être facile à séparer, ces deux-là !
ALEXANDRA. Mais je ne comprends plus rien, où est mon Paullanne ? Je veux savoir où est mon Paullanne !
OSCAR. Quel homme, pas vrai ?
ALEXANDRA. Oh toi, la ferme, tu ne fais pas mieux !
OSCAR, à part. Et dire qu’elle me disait qu’elle m’adorait encore hier soir, les filles ne savent pas ce qu’elles veulent.
ALEXANDRA. Où est-il ?
MARIE, montrant le couple emmitouflé. Le voilà. C’est la fusion. (Paul et Anne se retournent et se prennent dans les bras en même temps pour rester ainsi)
ALEXANDRA. Alors, il a disparu pour toujours ?
MARIE. Pour toujours.
ALEXANDRA, pleurant. Je suis très malheureuse ! C’est injuste ! (Oscar lui touche l’épaule)
OSCAR. Ça va aller…
ALEXANDRA. Non, je ne veux pas que tu me consoles. (Elle va vers Marie et la prend dans ses bras, Oscar, dans son coin, essaie de se donner une contenance en tripotant le caleçon qu’il tient machinalement et tousse, gêné.)
MARIE, à Alexandra. Ils ont besoin de rester un peu seuls, je pense. Viens, on va se faire un shopping toutes les deux !
ALEXANDRA. Oui !
OSCAR. Mais, et moi ? Et ma compensation ?
MARIE. On verra plus tard !
ALEXANDRA. Un autre jour, les mecs nous soûlent, on a besoin d’attendre un peu.
MARIE. Et puis, ils sont tous tellement bêtes !
ALEXANDRA. Tu l’as dit, Marie, on est bien mieux entre filles !
MARIE. Oui, enfin, n’exagérons pas trop quand même ! (Elles vont pour sortir)
ALEXANDRA. Bon, à bientôt Oscar. (Elles sortent)
OSCAR. Bon bah… (Un temps, il regarde le couple) Désolé de vous déranger, hein ? (Silence) C’est calme ici… (Le couple resserre un peu son étreinte) Bon, il serait peut-être temps de partir… oui, de partir, vous en pensez quoi ? (Silence) Oui, enfin, vous avez peut-être raison, je ferai mieux de… enfin, je vous laisse… à vos affaires… à plus tard ! (Il montre le caleçon) Vous en aurez besoin ?... Non ? Bon d’accord. (Il se dirige vers la sortie, toujours le caleçon en main puis les entend parler, bouche bée)   
PAUL ET ANNE. Qui sommes-nous ? Sans toi je ne suis rien. Enlacés, guidés par nos yeux aveuglants, nous sentons la chaleur de notre coeur, son battement envahit nos oreilles.
PAUL. Tu entends ?
ANNE. Je suis sourde sans tes oreilles. (Un temps) Tu vois ?
PAUL. Je suis aveugle sans tes yeux.  
ANNE. Notre corps s’est déchiré, je souffre dès que je suis loin de toi. Si proche encore, tu me manques.
PAUL. A chaque instant, je me languis de toi. Je ne sais pas ce que je ferai sans toi.
ANNE. Cher amour, ils sont partis, nous sommes seuls.
PAUL. Tu m’aimes ?
ANNE. De toutes mes forces. Et toi ?
PAUL. Moi aussi.
OSCAR, étonné, à part. Qui l’eut cru ? Cette machine est un pur philtre d’amour ! (Le couple se serre de nouveau, Oscar s’approche de la machine et s’installe devant l’ordinateur, à part) Fusion réussie… Si jamais je pouvais y faire rentrer Alexandra… mais pourrais-je y rentrer moi-même ? (Il sort)
ANNE. Amour, sortons d’ici, il fait froid.
PAUL. Oui, sortons. (Ils se lèvent, sans jamais rompre le contact et marchent entourés de la couverture de laine puis sortent. Un temps.)  

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