In Libro Veritas

PRATIQUES PEU ORTHODOXES

Par CORINNE VOMSCHEID

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Table des matières
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chapitre 2

Samedi 22 octobre 2005

Le radio-réveil réveilla Jake à 6 heures 30. Il entendit le présentateur de la météo annoncer un temps sec et ensoleillé pour la journée de samedi et appela l’attention des auditeurs sur les risques de congère et de verglas. Jake se concentra sur la radio pour ne pas sombrer à nouveau dans le sommeil. Sa nuit avait été écourtée par son coucher tardif et de nombreux cauchemars.  Il avait rêvé qu’il était pourchassé par des tueurs en série conduisant tous des camionnettes blanches aux pare-chocs bleus. A plusieurs  reprises, ils l’avaient menacé d’un pistolet brandi dans sa direction. Il s’extirpa de son lit vingt minutes plus tard, alla se doucher et prit un rapide petit-déjeuner composé d’un bol de thé et de tartines beurrées. Avant de partir pour le Memorial Denver, il embrassa Mandy et Alyssa sur le front en prenant soin de ne pas les réveiller et donna une caresse à Fripouille et Blacky.
En garant sa voiture dans le parking souterrain réservé au personnel de l’hôpital, Jake constata que la camionnette blanche l’avait suivi ; elle était stationnée sur le parking réservé au public. Les vitres étaient teintées si bien que Jake ne put voir la tête de ses poursuivants. Il ne se faisait donc pas des idées. Il était bel et bien pris en filature. Mais qui le suivait ? Et surtout, pourquoi ? Il prit la décision de se concentrer sur la question après avoir terminé ses visites auprès de ses patients. Comme chaque samedi, il termina sa ronde aux alentours de 10 heures. Il se rendit en salle de repos et but un café corsé pour se remettre sur pieds. La fatigue le rappela à l’ordre. Il  ressentit en effet quelques étourdissements et des douleurs musculaires et se résolut à s'allonger en fermant les yeux. Il eu beau retourner la question dans tous les sens, il ne comprenait pas pourquoi on le suivait.
John Cambridge, un interne de troisième année qui avait de bons rapports avec Jake, entra dans la salle de repos, interrompant les pensées dispersées de Jake. En voyant Jake, il fut atterré par sa mine défaite.
- La nuit a été difficile aux services des urgences ? demanda-t-il d’un ton neutre comme s’il n’avait pas remarqué l’air abattu de Jake.
- Je n’étais pas de garde cette nuit. Seulement, j’ai quelques soucis qui me minent depuis hier, répondit-il accablé.
- Je peux peut-être t’aider.
- Je ne crois pas. Tu me prendrais pour un fou si je te racontais de quoi il en retourne !
- Essaie toujours ! On verra après si tu es bon pour l’asile, fit-il sur le ton de la plaisanterie en lui mettant une tape dans le dos.
- Alors promets-moi de prendre au sérieux ce que je vais te raconter et de n’en parler à personne !
- Promis, juré ! dit John en le regardant droit dans les yeux.
Jake lui expliqua en détails ce qui l’angoissait  et espérait que John trouverait une explication logique à tout cela.
- Effectivement, je comprends ta détresse, fit John l'air songeur. Je pense que j’ai peut-être une solution.
- Vas-y. Raconte ! s’enquit Jake à nouveau rempli d’espoir.
- Puisque les conducteurs de la camionnette connaissent ta voiture, on va échanger nos voitures. Je prendrai la tienne et toi, la mienne. Quand je retournerai à la maison, tu me suivras à distance avec ma voiture tandis que la camionnette me suivra. Quand les conducteurs verront que ce n’est pas toi, ils feront certainement demi-tour. Et c’est là, que toi, tu interviendras. Tu les suivras discrètement pour voir où ils se rendent et tu sauras peut-être qui ils sont et pourquoi ils te suivent.
- C’est une excellente idée ! s’exclama Jake en retrouvant espoir. Je ne sais comment te remercier de ton aide.
- Tu es mon ami depuis maintenant 3 ans ! C’est normal. Il faut que tu saches que je ne termine pas ma garde avant 19 heures.
- Ça me laissera du temps devant moi et me permettra de récupérer un peu avant d’entamer cette chasse à l’homme, fit Jake plus détendu. Je me sens déjà mieux. En fait, je me fais sûrement du souci pour rien.
- Oui, probablement, dit John nonchalamment.
- Tiens-moi au courant quand tu seras sur le point de quitter l’hôpital ; je prendrai de l’avance et je pourrai les repérer en attendant ton arrivée.
- Pas de problème, je te téléphone dès que possible.
La discussion close, John Cambridge retourna au service des urgences tandis que Jake se dirigeait vers l’ascenseur pour rejoindre la voiture de John garée au niveau C du parking souterrain. Quand il sortit du souterrain, il se fit aussi discret que possible et prit toutes ses précautions pour ne pas être repéré. Il fut soulagé une fois qu’il eut dépassé la camionnette et quitta tranquillement le pôle de l'hôpital.


Alyssa et Mandy profitèrent de ce samedi vacant pour faire la grasse matinée. A neuf heures, elles furent réveillées par la sonnette de la porte d’entrée. Alyssa, encore endormie, les cheveux en bataille et les yeux cernés, alla regarder dans le juda pour voir qui pouvait bien les déranger à une telle heure. L’homme qui se trouvait derrière la porte, était vêtu d’un costume et portait une cravate noire à rayures bleues. Il avait en mains une  pile de feuilles qui rappelaient les formulaires administratifs. Alyssa se décida à lui ouvrir la porte.
- Bonjour madame. Je suis Christ North, je travaille pour un conglomérat pharmaceutique. Notre groupe se renseigne auprès des familles ayant des enfants afin d’élaborer un projet encore inconnu du public mais qui pourrait être salutaire pour l’humanité. Acceptez-vous de répondre à quelques questions ?
- Oui, si vous voulez, répondit-elle en esquissant un bâillement.
Mandy arriva en se frottant les yeux, une robe de chambre rose sur les épaules.
- Que se passe-t-il maman ? Qui est ce monsieur ?
- Ne t’inquiète pas, ma puce. C’est un monsieur qui fait un sondage pour des médicaments.
- Ah bon, fit Mandy en montrant son manque d’intérêt pour le sujet.
Christ North s’empressa de poser toute une série de questions concernant l’âge de Mandy, son état de santé et des questions plus farfelues les unes que les autres comme s’il s’agissait d’une enfant ayant subi une grave opération chirurgicale. Alyssa n’en tint pas rigueur, l’aspect étrange de ce représentant de produits pharmaceutiques l’amusa bien au contraire. Son costume bon chic, bon genre, contrastait avec sa personnalité. L’air sérieux qu’il voulait se donner pour être convaincant sonnait faux. Il n’avait rien d’un cadre supérieur d’autant plus que sa coupe de cheveux mi-longs  lui balayaient le visage et bouclaient en tout sens. Sa façon de parler était aussi risible. Malgré tous ses efforts pour obtenir une langue authentique digne d’un représentant, sa voix avait des sonorités gutturales et rurales. Quand il mit fin à son interrogatoire, un large sourire illumina son visage. Il semblait satisfait des réponses qu’ Alyssa lui avait données. A peine sorti de l’appartement, Mandy, qui avait largement eu le temps de se réveiller, se mit à harceler sa mère pour qu’elle lui explique ce que voulait le grand monsieur blond aux larges épaules.
- Dis, maman ! Pourquoi t’a-t-il posé toutes ces questions sur moi ?
- Je te l’ai déjà dit ! Il travaille dans le domaine de la santé. Il voulait seulement évaluer l’état de santé des enfants de notre ville. Tu n’as pas à t’inquiéter, il ne te veut rien de mal, expliqua t’elle posément.
- Je ne m’inquiète pas, fit Mandy mais j’ai trouvé ses questions vraiment bizarres. Tu ne trouves pas ça curieux que quelqu’un demande si j’ai des problèmes urinaires ! Je ne vois pas en quoi ça peut aider la science !
Mandy qui était une enfant délurée pour son âge, s’intéressait déjà aux sciences et tout ce qui touchait au corps humain, la passionnait. Elle passait des heures à feuilleter les revues médicales auxquelles était abonné son père et espérait plus tard suivre les traces de celui-ci. Selon elle, Christ North avait posé un tas de questions indiscrètes qui n’avaient rien de commun avec les sondages traditionnels. Alyssa ne voulut rien entendre des soupçons de Mandy et mit un terme à leur discussion.
- Mandy, ça suffit maintenant. Qu’on te demande si tu as des vertiges de temps à autre n’a rien d’extraordinaire ! Il est fréquent que des personnes soient sujettes à de tels maux, y compris les enfants ! Ce représentant voulait savoir s’il en était de même pour toi, c’est tout.
- Si tu le dis . . . mais . . .
- Je ne veux plus en entendre parler, dit Alyssa d’un ton impérieux. Va prendre ta douche. Papa va bientôt rentrer.
Mandy quitta la cuisine en marmonnant entre ses dents. Elle n’était absolument pas convaincue du discours de sa mère. Elle espérait en toucher un mot à Jake quand il serait de retour à la maison.


Jake fut de retour aux alentours de midi, les bras chargés de provisions achetées dans une superette de Littleton. Comme à l’accoutumée, Fripouille et Blacky se précipitèrent vers la porte d’entrée en reconnaissant les pas de Jake dans le couloir. Quand il franchit le seuil de l’entrée, ils s’agrippèrent à lui si bien qu’il manqua de faire tomber toutes les provisions sur le sol.
- Mais pourquoi as-tu acheté toute cette nourriture ? demanda Alyssa le sourcil interrogateur. Tu sais bien que je fais les courses tous les jeudis. Le frigo est rempli, nous avons de quoi tenir toute la semaine, fit-elle remarquer. Tu envisages de fuir la vie civilisée et de te retirer en rase campagne, dit-elle en se moquant gentiment de lui.
- La camionnette blanche dont je t’ai parlé hier, m’a encore suivi ce matin jusqu’au Memorial Denver.
- Effectivement, c'est curieux. Il s'agit peut-être d'une pure  coïncidence, s’enquit-elle en jetant un coup d’œil par la fenêtre. En tout cas, elle ne t’a pas suivi ce midi, notre rue est pratiquement déserte en ce début de week-end !
- Détrompe-toi, dit-il sérieusement. Il n’y a pas de camionnette parce que j’ai tout fait pour qu’il n’y en ait pas.
- Comment ça ? s’étonna-t-elle, perplexe.
John m’a prêté sa Mercedes afin que je passe inaperçu en sortant de l’hôpital.
- Il est clair que tu attaches beaucoup d’importance à cette histoire. Mais pourquoi toutes ces provisions ? Il y a de quoi ravitailler tout le quartier !
- Je préfère être prévoyant au cas où nous devrions fuir.
- Tu ne crois pas que tu vas un peu trop loin ?
- Oh non ! J’ai l’intime conviction que quelque chose de grave se trame dans notre dos. C’est ce que je ressens au plus profond de moi depuis hier soir. Je ne sais comment t’expliquer ce sentiment.
- Je vois ce que tu veux dire. Je connais ce genre de sensation.
- Il va peut-être falloir quitter Littleton quelques temps et envisager des vacances forcées dans un lieu où nous serons hors d’atteinte.
- On ne peut pas tout quitter comme ça sur un simple coup de tête ! Jake, tu dramatises un peu trop à mon goût ! Il est hors de question que nous quittions Littleton sur une simple présomption !
- Ce soir, nous aurons tout le temps d’en reparler une fois que j’aurai eu davantage d’informations sur les propriétaires de la camionnette.
- John termine sa garde à 19 heures. Il est prévu qu’il prenne ma voiture pour mener la camionnette en bateau. Quand ils se rendront compte que ce n’est pas moi dans la voiture, ils feront certainement demi-tour et moi, je les suivrai pour voir où ils se rendent.
- Comment sais-tu qu’ils sont plusieurs ?
- C’est juste une supposition, voilà tout, fit-il rongé par la fatigue.
- Je t’accompagnerai, c’est trop dangereux d’ y aller seul.
- Il en est hors de question, fulmina-t-il. En fait, tu seras plus utile ici. Si nous devions quitter précipitamment l’appartement, il serait préférable que tu rassembles quelques affaires pour les jours à venir.
Alyssa était bouche bée. Elle ne comprenait pas la réaction de Jake et son obstination à vouloir fuir Littleton à tout prix. Pour elle, Jake devenait paranoïaque.
 Jake la prit par les épaules et l’obligea à le regarder dans les yeux pour qu’elle comprenne que ce qu’il se passait en ce moment précis, n’était pas un de ces délires comme il lui arrivait d’en avoir. Les yeux verts d’Alyssa le scrutèrent au plus profond de lui-même si bien qu’il en fut bouleversé. Ce regard éveilla en lui une émotion intense et le ramena dans le passé.
Il se souvint de ce mardi 13 Novembre quand il avait traversé la cour du lycée et croisé le regard d’Alyssa. Elle était assise, seule, sur l’un des bancs qui longeaient le bâtiment administratif et avait les yeux humides. Elle semblait complètement désemparée. Face à ce spectacle, Jake avait ressenti un pincement au cœur. Toute cette tristesse émanant d’elle, contrastait avec ses longs cheveux roux et brillants qui illuminaient cette cour sinistre comme un rayon de soleil. A ce moment précis, il aurait aimé la prendre dans ses bras et la consoler mais il ne la connaissait pas encore. Ce geste aurait semblé déplacé. Pendant des semaines, le visage d’Alyssa le hanta jour et nuit. Finalement, il finit par faire sa connaissance lors d’une soirée organisée par Tony Lorenzo, fils d’un richissime industriel à la tête d’une chaîne alimentaire. Elle lui adressa quelques mots quand elle se servit un verre de punch. Ce fut le début d’une longue amitié qui se transforma peu à peu en amour.
- C’est quand même dingue cette histoire qui nous tombe dessus du jour au lendemain ! lui fit-elle remarquer sans se rendre compte que Jake était plongé dans ses pensées.
- Moi-même, je n’y comprends rien, répondit-il. Nous commencions enfin à voir le bout du tunnel ; tu remarches presque normalement, Mandy a fini par oublier le décès  de Julien et j’ai enfin le poste de chef de service que j’attendais depuis presque trois ans. Et voilà qu’une camionnette qui  débarque de nulle part, me prend en filature du jour au lendemain sans que j’en connaisse les raisons.
Mandy qui se tenait dans l’embrasure de la porte de la cuisine depuis un moment déjà, avait entendu une partie de la conversation de ses parents et remarqua l’air affligé de son père.
- Quelque chose ne va pas, papa ? demanda-t-elle, inquiète.
- Non rien de grave, répondit-il en ne réussissant pas à camoufler son mensonge.
- Je ne suis plus un bébé, je suis capable de comprendre beaucoup de choses, enchaîna- t- elle en lui jetant un regard de reproches.
- Oui, je sais. Mais le problème dont je parlais avec maman est une affaire d’adultes.
- Il fallait le dire tout de suite ! Je suis assez grande pour comprendre que vous ne voulez pas me parler de certaines choses car je n'en ai pan l'âge !
Pour couper court à la conversation, Jake proposa d’aller déjeuner. Tout le monde fut d’accord, y compris Fripouille et Blacky qui considéraient les repas comme la chose la plus importante de leur existence. A 14 heures 30, le repas était terminé et la table débarrassée. L’après-midi fut relativement stressant d’autant que Jake n’arrêtait pas de faire les cent pas dans l’appartement. Seule Mandy passa un après-midi agréable en compagnie de son ordinateur portable que Jake lui avait offert deux mois plus tôt. L’atmosphère devint tendue lorsque toute la famille se réunit autour de la table pour déguster le gâteau qu’Alyssa avait confectionné pour le goûter. Mandy fit en effet allusion à la visite du représentant  qui était passé le matin même. Elle fit remarquer à son père qu’elle avait trouvé ses questions curieuses.
- Pourquoi ne m’as-tu pas parlé de ce représentant ? demanda-t-il en s’adressant à Alyssa, un ton de reproches dans la voix.
- Je n’en voyais pas l’intérêt ! dit-elle en s’emportant.
- Désolé de m’énerver pour si peu mais tout incident a son importance, étant donné les circonstances !
- Il avait vraiment l’air bizarre ce type, enchaîna  Mandy en hochant la tête pour essayer de convaincre son père.
- Quelles questions a-t-il posé exactement ?
Mandy fit un récapitulatif de tout ce qu’elle avait entendu et continua d’affirmer que ce représentant était suspect. Le discours de Mandy ne rassura absolument pas Jake qui était à présent convaincu que ce type avait un lien avec la camionnette. Mais il ne comprenait pas pourquoi celui-ci s’intéressait à Mandy en particulier. Il espérait que la course poursuite de ce soir l’éclairerait enfin.
Après le goûter, l’ambiance continua de se détériorer ; Jake réussit à angoisser toute la maison ; même les chiens sentirent la peur grandissante de Jake si bien qu’ils n’arrêtèrent pas de réclamer la porte pour aller dehors. Finalement, Jake se dévoua pour les sortir en espérant que cette promenade au grand air le détendrait un peu.
Mandy et Alyssa considérèrent cette sortie comme un moment de répit. Elles ne supportaient plus ses allées et venues. Alyssa reprocha à Mandy de lui avoir parlé de ce représentant en soulignant que depuis cet instant Jake était devenu une vraie boule de nerfs. Peu de temps avant le retour de Jake, la sonnerie du téléphone fit sursauter Mandy et Alyssa qui avaient finalement réussi à se détendre un peu devant une série humoristique de la chaîne câblée.
- Allô, fit Alyssa.
- Ici John Cambridge, répondit-il.
- Bonjour John, dit Alyssa.
- Est-ce que Jake est dans les parages ?
- Il est parti prendre l’air, il ne devrait pas tarder !
- Pourrais-tu lui dire que ma garde est terminée et que je l’attends sur le champ !
- Pas de problème, répondit Alyssa.
Alyssa raccrocha le sourire aux lèvres. L’air décontracté de John l’étonnait toujours. Elle le connaissait à peine mais à l’entendre, on aurait pu croire qu’ils étaient amis depuis une éternité.
Un quart d’heure plus tard, Jake était de retour, l’air apaisé. Les chiens semblaient également plus calmes. Alyssa s’empressa de lui transmettre le message de John et Jake partit immédiatement. Il promit d’appeler Alyssa dès qu’il aurait du nouveau et insista pour qu’elle ne s’inquiète pas s’il semblait tarder. Il la pria de ne pas l’appeler sur son portable sauf en cas d’extrême urgence. Il ne voulait pas être dérangé. En moins de cinq minutes, toutes les consignes étaient données et Jake disparaissait en un tour de magie.

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