Antipodes (I)
ANTIPODES (I)
Je me souviens, maintenant, de ces horizons incroyables qui ne s’étaient encore jamais dessinés devant mes yeux éblouis. Je me souviens les villes, si différentes, agréablement désordonnées où tout se mélange au reste, les gens comme les objets. Je me souviens de l’hospitalité, l’affection et la chaleur de nos hôtes à travers tout un pays si différent d’un bout à l’autre et à la fois si semblable : d’un désert de terre à un désert d’eau, du sable à la glace.
Pourquoi suis-je allé là-bas ? Pourquoi en suis-je reparti ? Qu’avais-je tant de si important à faire ici ?
On m’a dit que ma vie était ici.
Mais je ne me sens pas vivre entre ces quatre murs, entre ces mille routes, parmi tous ces gens. Eux qui courent sans cesse, ils ne s’arrêtent que pour se remplir d’essence et de nourriture. Le rythme de la vie ici est inhumain. Tout est trop moderne, trop éloigné de l’Homme. Ce n’est pas la vie d’ici que je veux. Je voudrais pouvoir marcher, cueillir, cultiver, chanter simplement, boire l’eau qui soupire dans un ruisseau.
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