L'alpha et l'oméga
L’ALPHA ET L’OMEGA
Des nuits, seul ; des nausées comme des marées,
Et un regard par une grande fenêtre obscurcie.
Mes yeux errent sur les feuillages déprimés
Et suicidaires qui se laissent choir, brunis ;
Ils me donnent des idées noires, aussi sombres
Et étouffantes que ce nuage maudit
Qui n’en finit pas d’étendre son ombre
Au fond de la Vallée des Hommes étourdis.
Une main sur le front : qu’est-ce que je fais là ?
Quatre étages : plus près de toi mon dieu !
Je suis las de tous tes tours sournois ;
Je ne crois même pas en toi, pourquoi levé-je les yeux ?
Il me manque une autre présence que la tienne,
Celle qui a un bien plus grand pouvoir,
Car sans te voir je te voue toute ma haine
Alors qu’elle je l’aime d’autant plus que je ne peux la voir.
Les démons que tu m’envoies par delà les distances,
Sans cesse me harcèlent, je te rassure,
Ils ne ma lâchent plus et, comme tu le penses,
Me tourmentent bien plus que celle, qui à coup sûr,
Suscite une amère jalousie que je ne voudrais voir,
Ni même savoir existante en mon cœur.
Quand auront déserté tous les autres espoirs,
Elle se posera sur mon front, apaisante, légère et fraîche comme une Fleur ;
Elle me prendra dans ses bras,
Je l’étreindrai dans mes draps
- Vil mâle que je suis –
Et lui dirai « je t’aime, Lucie ».
St Martin d’Hères
le 25 septembre 2003
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