Paradis
PARADIS
Qu’advient-il de quelqu’un
A ce détour du chemin
Où les sens ne sont plus rien,
Et les yeux seulement les fenêtres
D’une usine à l’abandon ?
Une boîte en bois, une urne morne,
Un corps vidé,
Ni couleur, ni son,
Ni chaleur, ni réaction.
La chair, les os, la peau,
Tout a brûler dans les flammes,
Et il ne reste plus que dans un pot
Un petit tas de cendres grises, l’âme
A peine tiède, tout comme le fond
D’un cendrier…
Consumée la vie,
Envolées les années dans
Le souffle ardent de l’existence,
Calcinés les sourires,
Les gestes, évaporés les larmes,
Les humeurs et le sang.
L’inspiration s’est changée
En un feu vif et constant,
L’expiration en un jet de fumée.
Mais où sont passés ses pensées,
Ses excès, ses idées, sa voix,
Sa manière de s’exprimer,
Ses envies, ses goûts, son passé ?
Où sont désormais
Les éclairs oculaires,
Les battements de son cœur ? … Où ?
Existe-t-il un paradis ?
Un récipient pour ceux que l’on oublie ?
Une vasque assez grande
Comme réceptacle de l’ennui ?
Anneyron
le 2 août 2004
Chapitre suivant : Mystique