Tyrannie
TYRANNIE
Il ne me reste plus que mes maux.
Ce soir, les bras de Solitude
M’étreignent trop fort
Et sa fille Mélancolie
Transperce mon cœur
De sa lance que l’on nomma Pleurs,
Ecrase mon front
De son talon de plomb.
Les amis avancent vite et droit
Et je reste là, stupide et débile ;
Mes pas semblent ceux d’un vieillard aigri.
Je contemple à travers mes yeux brillants
Le territoire du roi Néant :
Un pied posé sur le vent,
Brandissant à bout de bras mon tourment,
Sa Ville me jette un regard dément et triomphant
Parmi ses tourbillons noirs
Et me hurle sa victoire
Puis éclate d’un rire de moteurs rugissants.
Alors, une main froide posée sur la nuque,
Je regarde mon visage dans le miroir
Et mon corps d’homme dégoûtant dans la pénombre.
Plus rien n’a de sens,
Et même cette infinie tristesse
Qui m’étouffe n’est qu’un non-sens de plus,
Une goutte d’absurde
Dans ce dodelinement du vide.
Une main indescriptible de puissance
Broie sans pitié ma gorge et m’étrangle
Sans que je puisse savoir :
Du bras de quelle idole est-elle le prolongement,
De quel tyran ?
Grenoble
le 27 février 2005
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