Sourd-muet
SOURD-MUET
Là en bas, j’entends les moteurs qui mugissent
Uniquement.
Parfois quelques hommes ou des femmes qui maudissent
Leurs enfants.
Jamais le bruit du vent dans les branches,
Il n’yen a pas.
Sauf des branches d’activité,
Des branchements d’électricité,
Téléphone, internet et eau courante
A tous les étages.
Les mots courants n’attendent plus
Les paysages.
Ils vomissent leurs miasmes,
M’ont transformé en
Sourd-muet.
On entend même les bouches rester closes
A en saigner.
Les yeux parlent encore,
Seulement ils parlent aux araignées
De nos plafonds.
Ils ne savent plus écouter ni même entendre
Les cris inscrits sur nos paupières
De charbon.
Une rumeur courait parmi la foule de corps
Qui couraient
Et elle hurlait – les rumeurs
Sont les seules qui sont entendues
Car elles hurlent –
Elle hurlait :
Les MUETS et les SOURDS
S’EXPRIMENT avec leurs MAINS !
Portez des GANTS !
Elle beuglait ça
Sur les toits et sous les ponts,
Courant sur les lignes d’horizon,
Jusqu’à ce que le fil
Ne rompe.
Grenoble, sur la montagne
de la Bastille
le 22 septembre 2005
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