Le cri vrai
LE CRI VRAI
Ce soir, sur le chemin du
Retour, j’entendis des cris.
Une voix résonnait dans la nuit,
Sur les trottoirs gluants des rues,
Dans les caniveaux noirs,
Sur la poussière des murs et des voitures.
J’avançais seul avec ces échos,
J’écoutais le désespoir.
Un homme
Hurlait
Des mots
Qui me
Semblaient
Parler
De guerre,
D’enfants
Souffrants
Et de
Parents
Pleurants.
Le cri de cet homme
Etait chargé de tant
De douleur,
De colère
Et de rage…
Désarroi,
Impuissance.
J’y sentais
Tout ceci
Mais tout à la fois la lassitude
Et la résignation !
Ce cri était la seule chose
Qu’il restait à cette voix,
Dans le froid
Qui naissait ce soir-là
Comme l’hiver au crépuscule.
Etait-il ivre ? En tout cas, malgré ses
Mots
Qui pouvaient paraître insensés, sa
Voix
Vibrait d’un sentiment
Vrai.
Dans l’impasse de notre monde à
L’agonie.
Ce cri déchiré était
Vrai.
Je ralentis.
Une autre silhouette
Apparut alors
Non loin de l’autre
Et changea
Vite
De trottoir.
Je repartis lentement,
Puis arrivé chez
Moi,
Ouvris la porte,
Et les dents propres et
L’esprit sale,
M’étendis
Auprès de l’amour
Oublieux.
Grenoble
le 19 octobre 2005
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