In Libro Veritas

À coeur joie - chronique ironique d'une vie paisible

Par faf

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Table des matières
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Faire la poussière ou l'art de conjuguer pleuvoir à la première personne du singulier

                                 
FAIRE LA POUSSIERE
OU L’ART DE CONJUGUER PLEUVOIR
A LA PREMIERE PERSONNE DU
SINGULIER


    Le soir venu, je sens souvent
    En moi l’envie d’écrier,
    D’écrire,
    De rire de mes menus déboires
    Et je tire sur mon mégot éteint
    A vue.
    L’avenue s’éteint.
    Le frein a rompu.
    L’obus de mes méninges
    Eclate en silence.
    Et je fais le ménage.
    Les envies que j’écarte en dansant
    Autour de mon balai
    S’entassent sous le paillasson.
    J’y essuie mes semelles crottées.
    La merde de mon être
    Se heurte à la fenêtre.
    Tant pis.
    Il pleuvra bien un jour
    Dans ma chambre pour
    Rincer ces étrons spirituels.
    Ah ah ! Je ris dans ma barbe
    Barbare.
Une boule des poils poisseux
    De ma puberté,
    Comme des ronces
    Arrachées au passé,
    En toute liberté
    M’irrite la gorge.
    Ah ! Enfin !
    Je pleus sur mes lunettes
    Des grosses gouttes de crasse
    Qui roulent jusque sur mes joues
    Et mettent à jour sous ma peau rouge
    Les croûtes oubliées de mon acné.
    Alors pour cacher tout ça,
    Je détache mes cheveux.
    Le rideau se baisse.
    La lumière s’éteint.
    Tout est calme désormais,
    Dormez tranquilles mes amis.
    Bonne nuit.


    Grenoble
    le 23 janvier 2006