Le seuil absurde
LE SEUIL ABSURDE
Dans le bruit terrifiant des machines
Je m’exprime comme un Homme.
Dans la trouble lumière de la ville
Je n’y vois rien le jour et trop la nuit.
Dans l’haleine trop chargée des usines
Je recule… Haut les cœurs ! Et je vomis.
Ca m’écoeure ces conneries !
Plus rien n’est vivant ;
On veut me faire croire
Que tout est compris.
Tout ce qui m’entoure
Tout ce qui m’entoure
Est un grand décor
Qui fait le grand écart
Devant le bordel monstre
Qui nous agite ;
Et en plein milieu mes mains
Continuent de se branler
Les pouces en rond…
La Terre s’arrêtera-t-elle de tourner ?
Pff… au fond… au fond je ne sais plus rien ;
Je ne sais même plus si je ne sais plus rien.
Ce qui est important de ce qui ne l’est pas ;
Ce qui tourne rond de ce qui ne tourne pas…
Tiens !
Quand ça tourne pas rond parfois,
On dit aussi qu’on tourne en rond.
Enfin bon…
Où j’en étais… j’en sais rien.
Ah ouais ! Je ne sais plus rien,
Et pis en fin de compte,
Je m’en fous de tout ça.
Je ravale mon vomi,
Et quand j’aurai fini
Toutes mes conneries,
Mes cendres iront salir
L’urne de l’ennui.
Voilà. C’est tout ce que je peux dire.
C’est tout ce que je sais.
Grenoble
le 21 avril 2006
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