PREMIERES LARMES
J'admire ces étoiles lentes ;
J'y vois même, en rêvant un peu,
Comme des gouttes d'or tremblantes
D'un ton divin sur un fond bleu.
J'écoute avec charme, ô nature !
Qu'est-ce donc qu'un coeur d'amoureux ?
Ce bruit de cailloux, quand murmure
La source au fond du ravin creux ;
Quand la brise, sur la montagne,
Soupire en inclinant les fleurs :
Et me voilà, par la campagne,
Dieu me pardonne, tout en pleurs !
Je crois même, quelle folie !
Qu'un rossignol ou qu'un pinson
Me rend plein de mélancolie.
Las ! qui me rendra ma raison ?
D'où vient, j'ose à peine le dire,
Que je me suis, seul dans les bois,
Surpris quatre fois à sourire
Quand je pleurais tout à la fois ?
Est-ce l'amour ? Sans m'y connaître,
Je le crois quand je pense à vous.
Mais, non ; l'amour ne doit pas être
Si cruel, hélas, ni si doux !
1856.
J'y vois même, en rêvant un peu,
Comme des gouttes d'or tremblantes
D'un ton divin sur un fond bleu.
J'écoute avec charme, ô nature !
Qu'est-ce donc qu'un coeur d'amoureux ?
Ce bruit de cailloux, quand murmure
La source au fond du ravin creux ;
Quand la brise, sur la montagne,
Soupire en inclinant les fleurs :
Et me voilà, par la campagne,
Dieu me pardonne, tout en pleurs !
Je crois même, quelle folie !
Qu'un rossignol ou qu'un pinson
Me rend plein de mélancolie.
Las ! qui me rendra ma raison ?
D'où vient, j'ose à peine le dire,
Que je me suis, seul dans les bois,
Surpris quatre fois à sourire
Quand je pleurais tout à la fois ?
Est-ce l'amour ? Sans m'y connaître,
Je le crois quand je pense à vous.
Mais, non ; l'amour ne doit pas être
Si cruel, hélas, ni si doux !
1856.
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